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Men and Women : la Symphonie n° 6 d’Allan Pettersson mise en ballet

Avec Men and Women sur la Symphonie n° 6 d’, , le chef-chorégraphe français du Ballet d’Oldenburg, exprime de manière impressionnante un large spectre d’émotions sur les relations entre les genres.  

À première vue,  ou sa musique ne donnent pas dans la nuance. Malgré le paysage hautement expressif et émotionnel de cette musique et les déclarations hautes en couleurs du compositeur sur lui-même et son univers, pour certains auditeurs (moi inclus), la musique instrumentale de Pettersson évoque des images d’un monde interne abstrait, plein de luttes, de tension extrême et finalement de consolation. Néanmoins, d’autres ont exprimé la musique de Pettersson à travers des médiums physiques ; la chorégraphe suédoise a chorégraphié trois œuvres de Pettersson. La représentation de ce soir a présenté le ballet Men and Women du chorégraphe , sur la massive Symphonie n° 6 de Pettersson.

Le thème de Men and Women s’explique par lui-même, et les interactions entre les danseurs masculins et féminins ont exprimé de manière vive un large éventail d’émotions entre ces deux genres. Ce qui était encore plus impressionnant, c’était la restitution par Jully du monde expressif de Pettersson à travers ces interactions ; le sentiment d’angoisse et de douleur (physique et spirituel) était comme réfracté par des contorsions antinaturelles et perturbantes. Durant la première moitié de la symphonie, en exact reflet de la musique, le conflit et la belligérance sont presque toujours présents sur scène. Ce qui surprend, c’est la manière dont Jully a brièvement inséré des moments ludiques et diaboliques, des caractéristiques clairement absentes de la musique de Pettersson.

Dans la seconde moitié de la symphonie, largement dominée par la chanson Hantersson Han ska släcka min lykta (« Il peut éteindre ma petite lumière »), l’action devient plus calme et plus intime. La chorégraphie et les lumières se firent plus émouvantes et plus efficaces juste avant la dernière « oasis lyrique » de l’œuvre, lorsque la musique tente de sortir de l’obscurité.

Toute personne familière avec la musique orchestrale de Pettersson est bien consciente des extrêmes exigences physiques et techniques que le compositeur place sur les musiciens. Si l’ a pu occasionnellement se trouver en difficulté avec cette musique très difficile, l’essence de cette pièce a été restituée avec évidence.

Crédit photos : © Stephan Walzl

Traduit de l’article original en anglais par Jean-Christophe Le Toquin