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Flûte royale pour la Simphonie du Marais

Ce dernier opus discographique de , publié sous son propre label, célèbre le 30e anniversaire de l’ensemble instrumental ; jouant sur instruments anciens, spécialisé dans le répertoire baroque, il fut fondé en 1987 par son actuel directeur artistique, le flûtiste et hautboïste . Un disque qui confirme dans son rôle d’inlassable défricheur de partitions, justicier au service des musiciens oubliés des XVIIe et XVIIIe siècle.

Cet enregistrement rare, entièrement dévolu à , se double également d’une histoire humaine puisqu’il a nécessité, pour sa réalisation, la confection en fac-similé par d’une flûte à bec alto en fa, établie selon le modèle original en ivoire conservé au Musée de la Musique à Paris. Un album qui se veut également un hommage rendu à cette longue lignée de facteurs d’instruments à vent, et notamment de flûtes, la famille Hotteterre. Jacques, dit « le Romain » (1673-1763), fut Maître de flûte auprès de Louis XIV et de Philippe d’Orléans, mais aussi un pédagogue et un compositeur prolifique, auteur de deux livres de pièces pour flûte et basse continue et de plusieurs traités s’attachant à développer les Principes de la flûte (1707) et l’Art de préluder (1719).

Le présent enregistrement comprend des Préludes extraits de l’ouvrage sus-cité, et quatre Suites inspirées de scènes de la vie courante, de portraits, d’hommages ou encore de souvenirs de voyage, sorte de flânerie au cours du temps, empreinte d’une délicieuse mélancolie, comme pour regretter un règne finissant.

La Suite en fa majeur (1er livre, 1708) est une galerie de portraits de personnages de la cour, dont Philippe d’Orléans n’est pas le moindre. Les Suites en sol mineur et la Suite en si bémol retracent les retours des châteaux de Fontainebleau ou de Saint-Cloud. La Suite en mi mineur (2e livre, 1715), plus sombre, porte les stigmates de la mort de Louis XIV.

et , renforcée par (archiluth) et (viole de gambe), nous offrent ici une interprétation magistrale, élégante, jubilatoire, parfois plaintive ou douloureuse, où la flûte d’Hugo Reyne peut déployer toutes ses couleurs dans sa sonorité originale retrouvée.

Un document rare, un bel album et une belle histoire… À ne pas manquer !

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