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L’apothéose du consort de violes anglais

Sous la direction de , les six violistes de L’Achéron nous offrent la quintessence des fantaisies d’. Du duo au sextuor, l’écriture savante du contrepoint du compositeur anglais nous introduit dans le cercle fermé des amateurs éclairés de ce début de XVIIe siècle empreint de spiritualité.

Attaché à la chapelle de Jacques 1er comme organiste, c’est en compositeur de musique vocale sacrée qu’ s’est principalement fait connaître. Ses pièces pour violes nous sont surtout parvenues sous forme manuscrite, à l’exception de quelques fantaisies à trois publiées en 1620. On peut se demander à quel usage était réservé ces compositions et qui, à l’époque, étaient les auditeurs de ces consorts. En dehors de la cour, il semble bien que la pratique du consort était l’apanage d’amateurs éclairés se réunissant à la maison pour le plaisir et l’élévation de l’esprit.

À l’écoute de cet enregistrement, on est frappé par l’extraordinaire homogénéité du timbre des violes. C’est que les six instruments de ce consort ont été pensés comme des tuyaux d’un même orgue, en respectant les proportions harmoniques entre chaque tessiture. C’est le luthier Arnaud Giral qui a construit ces violes précisément pour ce répertoire anglais du début du XVIIe siècle, après avoir attentivement étudié les documents d’archives et les instruments conservés de l’époque, comme il nous est expliqué dans l’intéressant livret d’accompagnement. Le résultat sonore, déjà remarqué au concert dans des pièces d’Anthony Holborne, est, comme le dit lui-même, « un son plein, pur, clair, profond, grand, à l’articulation précise et éloquente, un son que l’on pourrait qualifier d’anglais ». De la belle ouvrage.

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