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Rentrée à six avec Elliott Carter pour l’Ensemble Intercontemporain

Rentrée 2018 en petite formation pour l’, dont seulement six membres sont nécessaires pour ce premier concert parisien, dans un amphithéâtre de la Cité de la Musique rempli à ras bord. Sans être justifié par un jubilé ni un hommage spécifique, toute la soirée est consacrée au compositeur américain , avec neuf œuvres exclusivement pour bois ou marimba.

, , et Paul Riveaux, tous quatre membres de l’, entrent ensemble sur la petite scène de l’Amphithéâtre de la Cité de la Musique pour interpréter les Huit Études et une Fantaisie d’. Cette pièce d’une vingtaine de minutes composée entre 1949 et 1950 ne montre pas encore un style totalement affirmé, mais plutôt celui d’un compositeur qui cherche une voie définitive, bien qu’il vienne déjà de dépasser la quarantième année d’une vie qui s’achèvera à plus de cent. Agiles, les musiciens se jouent des difficultés de leurs partitions, écrites initialement par l’Américain pour ses étudiants de la Columbia University. Pour autant, ils ne parviennent pas tout à fait à montrer un travail de groupe vraiment rigoureux dans la mise en place, et si le dynamisme des études n°4 ou n° 7 est bien exalté, certaines plus lentes, comme la n°5 Andante ou la n°6 Allegro leggero ne sont pas transportées avec toute l’intensité que l’on peut leur donner.

La lumière s’éteint et le cor solo réussit l’exploit d’interpréter sans partition la pièce d’un Carter devenu centenaire, Retracing II, magnifiquement développée sans accroc ni défaut de gestion du souffle par le corniste . Retracing, composé sept années plus tôt en 2002, devait être programmé juste après, mais on a préféré insérer entre les deux une courte pièce pour marimba, Figment V, parfaitement rendue grâce au rythme précis en même temps qu’aux gestes lestes de . Paul Riveaux entre donc seulement ensuite pour le premier Retracing et livre une interprétation de qualité d’un Carter qu’on a connu plus inspiré.

apparaît à gauche de la scène pour une pièce solo plus intéressante, Scrivo in vento, dont le style ample rappelle celui d’un Takemitsu, entrecoupée de croches plus nerveuses qui ramènent au compositeur américain. Steep Steps présente encore plus d’intérêt grâce aux couleurs chaleureuses et au souffle étendu de à la clarinette. Puis Esprit rude/Esprit doux II est interprété par trois musiciens, deux bois qui s’accompagnent ou se séparent sous la surveillance du marimba, l’œuvre ayant été composée en hommage au créateur de l’ensemble, . HBHH pour hautbois seul est un Happy Birthday to de quelques minutes, avant-dernier ouvrage présenté lors de cette soirée, avant le quintette Nine by Five, superbe composition de 2009 créée par le New York Woodwind Quintet en 2010, jolie idée de boucle des programmateurs puisque la soirée commençait par les Huit Études, elles aussi créées par le même ensemble dès 1952. Au hautbois près, les autres musiciens de l’Ensemble Intercontemporain offrent des sonorités moins américaines que ne l’aurait sans doute fait le NY Woodwind Quintet, mais donnent une belle richesse de son à cette dernière pièce de la soirée.

Crédit photographique : © Ensemble Intercontemporain

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