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Schubert par Les Dissonances, version quatuor

David Grimal et ses musiciens inaugurent avec bonheur leur résidence à l’Arsenal de Metz.

On peut trouver que le programme manque d’originalité, mais il ne manque pas d’ambition : affronter en une soirée les deux derniers quatuors de Schubert n’est pas anodin, tant l’ampleur concentrée de ces deux partitions-fleuves est exigeante pour les musiciens comme pour le public. Le public, disons-le d’abord, relève le défi avec tous les honneurs : non seulement la salle est presque remplie, mais le silence est parfait, l’écoute concentrée, l’accueil enthousiaste.

Le quatuor , issu de l’ensemble du même nom qui entame ainsi sa résidence messine, séduit d’emblée par la clarté du son et du discours. On peut trouver trop souligné, à la fin du deuxième mouvement du quatuor La jeune fille et la mort, le contraste entre le fortissimo de la dernière variation, joué de façon un peu brutale, et le pianissimo de la coda : heureusement, les musiciens n’abusent pas de ce genre d’effets, et c’est au contraire la délicatesse du dialogue entre eux, un premier violon (David Grimal) à la fois affirmé et décidément collégial, un très bel alto, un violoncelle délicat – la couleur recherchée n’est pas celle d’un romantisme sombre ; on pourra trouver sans peine des interprétations plus méditatives, plus expressives aussi, mais les musiciens défendent leur choix de manière décidée et convaincante : une sculpture de lumière aux formes tranchées qui préfère souligner l’invention musicale et la rigueur du discours plutôt que les demi-jours et les tensions intimes.

Après ce marathon schubertien, les musiciens ont encore la force de proposer en bis le deuxième mouvement du Quatuor n° 2 de Bartók : leur sens presque spatial du son joint à une délicatesse qui dépasse la simple précision donne envie d’en entendre plus à l’avenir.

Crédit photographique : © Benoît Linero

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