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Le Printemps des Arts de Monte-Carlo met Ives et Mozart à l’honneur

Pour le deuxième week-end du Printemps des Arts de Monte-Carlo, le programme mettait l’accent sur Ives et Mozart, les deux compositeurs à l’honneur de cette édition d’un festival qui garde toujours un regard tourné vers la création contemporaine.

Le jeudi 22 mars, ouvre le concert avec la Sonate pour violon et piano n° 2 de , dans laquelle le goût du musicien américain pour les mélodies d’inspiration populaire trouve à s’exprimer. Contraste frappant avec la partie Mozart du programme confiée au mené par au pianoforte. Comme dans de précédents concerts du même ensemble, on est séduit par l’homogénéité d’un groupe manifestement habitué à la musique de chambre en commun et à l’écoute mutuelle, mais surpris par les nombreuses fautes textuelles de , parfois désorientantes dans le quatuor de Mozart. La soirée se conclut par un bouquet de mélodies d’Ives, souvent très brèves (parfois trois vers suffisent au musicien) et marquées par une religiosité latente.

Le lendemain, après une remarquable conférence de sur Ives, la belle salle du Musée océanographique accueille le , somptueux d’homogénéité et de musicalité. Après la Sequenza II de pour harpe, exercice de style soucieux de casser l’image de la harpe instrument de jeune fille évanescente selon l’auteur, le chœur présente d’abord une très belle page de (né en 1946), où les vocalises du chœur alternent avec les figurations du violon et du violoncelle dans un langage qui évoque irrésistiblement celui d’Arvo Pärt. Vient ensuite une étonnante cantate d’Ives, écrite alors qu’il exerçait comme organiste dans un temple presbytérien ; vaste (près de 40 minutes) partition pleine de vie et de contrastes et qui culmine dans un extraordinaire intermezzo central pour quatuor à cordes, au lyrisme dvorakien, bien digne de s’imposer comme un bis pour les ensembles constitués (utilisant les musiciens qu’il avait sous la main, Ives emploie un orgue, un quatuor, deux trompettes, un tuba et des timbales !).

Enfin, le concert symphonique du 24 mars, après la redoutablement virtuose Sequenza VI de Berio pour alto seul présente, devant une assistance clairsemée, la création d’une commande du festival, Éclair physionomique d’, longue page d’orchestre dominée par une percussion impressionnante en nombre et en variété. Le morceau de résistance est toutefois la Symphonie n° 1 de , qui part d’un lyrisme à nouveau inspiré par Dvořák dont le séjour à New York est l’acte fondateur de la nouvelle musique américaine, influence sensible dans le lyrisme du superbe thème initial et du très beau mouvement lent avec son cor anglais, pour dériver vers une coda du final qui laisse tout d’un coup survenir l’irruption de ces fanfares inspirées des brass bands si caractéristiques d’Ives. Un peu trop nerveuse dans le premier mouvement, qui gagne à un lyrisme plus épanoui, l’interprétation de a le mérite de tenir la distance et d’assurer une homogénéité à une œuvre trop souvent jugée décousue.

Crédit photographique : © JC Vinaj / OPMC