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Monteverdi in San Marco, le retour terne d’Odhecaton

Palestrina en 2010, Monteverdi en 2012, Scarlatti en 2016… Cette année, revient à Monteverdi pour un nouveau disque qui ne nous paraît malheureusement pas à la hauteur de la réputation de l’ensemble italien.

Le programme de cet enregistrement se concentre sur les compositions depuis 1613 du maître de chapelle vénitien, destinées aux offices organisés dans la basilique Saint-Marc. Elle débute donc par la Messa a quattro voci a cappella bien représentative du stile antico, pour enchaîner avec le Gloria a 7 voci et sa seconda prattica concertante. Mais quel drôle de choix que celui de qui se tourne vers la version de 1650 de cette première œuvre, la transformant de cette manière en une messe austère à quatre voix avec orgue où l’ensemble vocal manque autant d’inspiration que de souplesse et de transparence, malgré le recours à des voix exclusivement masculines qui aurait pu être une force. La douce béatitude séraphique de l’écriture de Monteverdi est quelque peu éloignée de ce contrepoint ici diffus et pas suffisamment abouti.

Même constat pour le Gloria a 7 voci extrait de la Selva morale e spirituale où la virtuosité des voix agrémentées de deux sopranos, manque d’efficacité et de légèreté, pour un rendu d’ensemble trop retenu avec une réverbération du lieu choisi pour cet enregistrement qui alourdit encore plus le ressenti.

Après la courte mais séduisante Sinfonia terzo tuono de qui travailla sous la direction de Monteverdi à Saint-Marc, le deuxième extrait de la Selva morale e spirituale, un contrefactum du célèbre Lamento d’Arianna, bénéficie de l’élégance du chant d’ qui retranscrit avec conviction et foi cette complainte de la Vierge face aux souffrances et à la mort du Christ (Pianto della Madonna).

Les Lætaniæ della Beata Vergine concluent cette proposition discographique. Cette pièce homophonique portée initialement par la dévotion mariale grâce à un Kyrie suivi d’invocations de la Vierge Marie, est affaiblie par des tempos uniformes à l’origine du manque de relief de cette interprétation somme toute lassante. Le manque d’homogénéité des voix se fait de nouveau ressentir lorsque les six parties deviennent solos, duos et trios, confirmant le peu de succès de cette nouvelle entreprise de l’ensemble .