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Andrés Orozco-Estrada au sommet dans Richard Strauss

et l’ poursuivent leur exploration du répertoire straussien pour le label Pentatone avec cette Symphonie alpestre puissante, majestueuse et très théâtrale.

Dernier poème symphonique de , composé entre 1911 et 1915 alors que le compositeur se consacrait déjà tout entier au domaine lyrique, la Symphonie alpestre pousse jusqu’à ses ultimes limites le genre de la musique à programme en évoquant musicalement une excursion dans les Alpes bavaroises. Souvent décriée par son caractère exagérément descriptif un peu kitsch, elle force le respect par son orchestration foisonnante, ici parfaitement rendue par l’. De son côté, joue le jeu par la majesté de ses tempi, l’éloquence de son phrasé et la clarté de la mise en place orchestrale.

Cette version est probablement la plus longue de toute la discographie avec plus de 55 minutes. Les tempi ralentis ajoutent à la grandeur, à la majesté et à la solennité de cette interprétation, tout comme l’à propos du phrasé qui en majore, peut être parfois à l’excès, la théâtralité. Tantôt narratif par ses variations rythmiques et ses hésitations (La montée et Moments pleins de péril) tantôt descriptif traduisant l’attente (Nuit), le mystère (Entrée dans la forêt), la sérénité (Au sommet) ou encore l’angoisse (Errance à travers taillis et broussailles) il trouve son aboutissement dans la Tempête, cataclysmique, effrayante, plus vraie que nature, dernier sursaut orchestral avant la paix retrouvée.

On ne s’étonnera pas de la vision très théâtrale et flamboyante que nous livre le talentueux chef colombien. Elle s’inscrit parfaitement dans la droite ligne de ses derniers enregistrements straussiens, pour le même label, avec la même phalange, qu’il s’agisse d’Une Vie de héros, Macbeth ou de Salomé. Loin de voir dans cette ascension musicale en vingt-deux étapes l’équivalent d’un voyage intérieur initiatique, Orozco-Estrada nous propose, à l’inverse, une vision très extravertie, fidèle à l’esprit de l’œuvre, avec ses grandeurs (l’orchestration) et ses faiblesses (une certaine grandiloquence). Luxueusement colorée, très raffinée dans les détails et dans les timbres, exaltée encore par l’excellence de l’orchestre, tous pupitres confondus, avec une mention spéciale pour les vents irréprochables, elle séduit indéniablement, valorisée encore par une belle prise de son.