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La création française de Wonderful Town en DVD

Nous appelions dans nos colonnes à la parution en DVD de cette production toulonnaise de la comédie musicale de Wonderful Town. Honneur au travail d’équipe et à l’énergie de la mise en scène pour une vraie réussite théâtrale, au service d’une partition étincelante que l’on découvre comme un des plus beaux fleurons de la comédie musicale américaine.

Montée en janvier 2018, la création française de cette œuvre assez peu connue était l’occasion de célébrer en beauté le centenaire du grand chef d’orchestre et compositeur américain. C’est donc avec le plus grand plaisir que nous retrouvons ici les déambulations new-yorkaises des deux sœurs Sherwood débarquées de leur Ohio natal à la conquête du succès professionnel et sentimental dans le Manhattan artistique des années 50.

La mise en scène est tout d’abord un hommage vibrant à la Grosse Pomme, montrée sous ses aspects les plus attrayants : son architecture, son énergie, la vitalité de ses habitants venus de tous horizons et tous bords. Située dans le quartier intello et branché de Greenwich Village, l’action fait en effet se croiser des populations diverses et variées (dealers, prostituées, militants LGBT, latinos, artistes policiers…), toutes attachantes dans leurs débordements, leurs passions et leur humanité. Sans doute le petit écran ne permettra-t-il pas d’apprécier autant qu’à la scène le réglage millimétrique d’une chorégraphie de haute voltige, la beauté des éclairages ou encore la pertinence de l’utilisation de la vidéo. À la beauté purement plastique des rues et des scènes de la ville, vues en toile de fond, se superposent cependant des décors à la fois traditionnels et fonctionnels dont la captation vidéo et l’utilisation des gros plans permettra à n’en pas douter de mieux saisir les nuances d’une intrigue classique mais savamment tissée. La misérable chambre de Ruth et d’Eileen, payée à prix d’or, est en effet le principal théâtre des nombreux quiproquos qui rythment une intrigue sans surprise dans sa conception, mais toujours efficace dans son respect de la convention.

La réussite musicale de l’entreprise est totale, grâce essentiellement à la direction de , grand spécialiste des « musicals », et à l’orchestre de l’Opéra de Toulon, dont on admirera au passage les remarquables cuivres et percussions. Sur le plateau, tout le monde prend visiblement plaisir à l’entreprise, et l’investissement de tous est total. On ne note aucun point faible dans la distribution, même si l’anglais de tous, notamment pour les petits rôles, manque d’être aussi idiomatique qu’il le faudrait, notamment pour les passages parlés. Se détachent néanmoins, parmi un ensemble particulièrement convaincant, le fringant Robert Baker de et le Wreck sur-vitaminé de . Chez les deux sœurs, l’instrument très lyrique de rend pleinement justice à la partie de la blonde Eileen. Pour Ruth la brune, , brille surtout par son chien, par la justesse de son jeu et par sa stupéfiante aisance scénique notamment au moment de ses interventions au sein de la chorégraphie. Une fois encore, c’est l’esprit d’équipe et le professionnalisme de tous qui aura été, pour ce très beau spectacle, la clé du succès.

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