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François-Xavier Roth, les Siècles et Berlioz, fascinant et irritant

inaugure le cent-cinquantenaire Berlioz avec un album contrasté, en forme de manifeste, où le chef et son orchestre des Siècles cultivent un soin quasi-obsessionnel à mettre en valeur la sonorité fruitée des instruments d’époque rehaussée d’accentuations originales. 

Le Harold donné à la Philharmonie par les mêmes interprètes quelques jours avant la sortie de l’album permet, logiquement, de retrouver la même conception, mais ici avec un soin renforcé au travail des sonorités. L’effet produit est donc à la fois fascinant par les couleurs inédites, le fruité, la personnalité des instruments dont l’individualité est encore mieux rehaussée, et irritant en ce que ce travail est poussé si loin qu’il en fait perdre le fil narratif, l’élan, le fondu collectif. C’est particulièrement frappant pour la Marche des pèlerins, où l’on perd le sens de la forme en arche qui est l’essence même du mouvement au profit de moult détails aux effets – réellement – flatteurs. Au concert comme au disque, c’est l’Orgie de brigands qui convainc le plus, avec des éclairs électrisants qui font entrevoir ce que pourrait réussir Roth s’il cherchait moins à prouver. compose un Harold en velouté et avec un travail recherché sur les accents en osmose avec celui du chef.

Les Nuits d’été par leur économie et leur subtilité d’écriture offrent moins d’espace au chef d’orchestre et permettent de mieux goûter le timbre d’une chaleur sombre, la classe et la diction de . On regrettera toutefois le choix d’un tempo extrêmement lent pour Absence et Au cimetière, qui créent un effet narcotique qui n’est pas des mieux venus. Les interprétations pour baryton sont rares. À côté de la version José van Dam / Baudo (Forlane), démontre à l’évidence qu’elles ne sont pas moins légitimes et qu’il en est un interprète de choix.