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Schumann par Gautier Capuçon, la vision sombre de Bernard Haitink

Pour célébrer Schumann, a choisi de réunir des enregistrements de pièces pour violoncelle et piano captées de 2009 à 2012 à Lugano avec le concerto enregistré au Concertgebouw en 2015. Mais cette interprétation dirigée de façon très sombre par accentue l’aspect dépressif du compositeur.

De ce disque au programme homogène entièrement consacré à Schumann, seul le concerto pour violoncelle et orchestre est une vraie nouveauté. En effet, les Pièces pour violoncelle et piano dans le ton populaire op. 102, ainsi que les Fantasiestücke op. 88 pour trio captées lors de festivals de Lugano avec l’immense et , étaient déjà disponibles dans les coffrets publiés par le même éditeur chaque année après le festival. Il en va d’ailleurs de même de l’Adagio et Allegro op. 70, écrit à l’origine pour le cor ainsi que des Fantasiestücke op. 73 empruntés cette fois aux clarinettistes. On retrouve certes avec un bonheur sans mélange ces belles interprétations et la poésie intense que leur confère la grande .

Capté dix ans plus tard, le concerto vaut presque avant tout pour la parure orchestrale que tisse , curieusement mélancolique et comme désabusé ; non que les tempos soient en eux-mêmes particulièrement lents, mais l’élan vital et le romantisme ardent sont gommés au profit d’une vision méditative et sombre dans laquelle se coule le violoncelle de . C’est dans le mouvement lent et le dialogue avec le violoncelliste solo du  que réside la meilleure part de cette version assez inhabituelle, moins convaincante que l’ancienne gravure du même Haitink avec (Philips).

Curieux disque, illustré d’étonnantes photographies du soliste en héros romantique, cape noire sur l’épaule, montant dans une calèche ou jouant de son instrument dans le parc de Versailles.