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Trois musts de la musique scandinave par l’Orchestre du Schleswig-Holtein

Comme on dit en langage journalistique ce programme est un authentique « marronnier ». Aussi était-il légitime, a priori, de craindre un travail banalisé, édulcoré, las de ces quelques partitions incontournables. Heureusement, il n’en n’est rien !

L’Orchestre symphonique du Schleswig-Holstein, aujourd’hui en territoire allemand, exerce dans une région longtemps disputée entre l’Allemagne et le Danemark. Plus précisément située au sud de la péninsule du Jutland, il s’y déroule chaque été un important festival de musique classique. La formation est dirigée par le chef autrichien , son directeur musical, apprécié pour ses interprétations des symphonies de Bruckner. Ses prestations à la tête d’autres formations (Copenhague, Zurich, Hambourg, Graz, Lübeck, Téhéran…) ont bénéficié de commentaires flatteurs.

Sa maîtrise du fameux Concerto pour piano en la mineur que le Norvégien composa en 1868 à l’âge 25 ans et dont la création à Copenhague en avril 1869 déboucha sur une notoriété et une diffusion quasi mondiales et durables, ne fait aucun doute. La soliste croate interprète la partition avec dextérité (Allegro moderato initial) et avec une sensibilité exquise, ne cherchant jamais à favoriser un lyrisme larmoyant (Adagio) ni à parer la musique d’une modernité déplacée (Allegro molto moderato e marcato), axe qui lui conserve pleinement son magnifique charme scandinave. Aux côtés d’innombrables gravures concurrentes, les protagonistes nous confient donc une lecture apte à nous conduire au cœur de l’esthétique romantique et euphonique du célèbre natif de Bergen.

Sensiblement moins fréquenté, le Concerto pour piano en ré majeur de , élaboré une douzaine d’années après celui de Grieg, et comme lui apprécié par mais longtemps négligé par ses compatriotes suédois, fut redécouvert par eux en décembre 1904, longtemps après sa disparition, sous les doigts de sa petite-fille. Cet opus paraît davantage inséré dans un style plus centro-européen que suédois, plus classique tardif que pleinement romantique. Dès le premier mouvement Allegro con brio, assuré et entraînant, la musique s’impose. L’Andantino, apaisé et raffiné, qui lui fait suite aboutit à un Allegro molto vif et espiègle. Le soliste, très sollicité, domine brillamment de part en part.

représente le Danemark avec un délicat Prélude, Allegro marziale, tiré de son premier opéra Saul et David (1901), une pièce mineure souvent enregistrée mais somme toute assez peu représentative de la grandeur de son génie.

Les interprètes de cette livraison ne déméritent nullement et assument avec succès leur rôle de propagateurs de ces musts incontournables de la musique scandinaves du XIXᵉ siècle.