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Poésie et virtuosité dans les sonates pour flûte à bec et continuo de Haendel

Pour leur nouveau disque, et proposent un programme composé de six sonates pour flûte à bec et continuo de , séparées les unes des autres par des miniatures de celui-ci, d’, d’un anonyme et des interprètes eux-mêmes.

Rappelons que Haendel élabora ces sonates vers 1725-1726 pour l’usage privé de la famille royale britannique. , connu entre autres pour avoir remporté les ICMA 2018 dans la catégorie « musique baroque instrumentale », aborde ce répertoire avec charme, en équilibrant théâtralité du geste et simplicité du phrasé. Sous son souffle, les mouvements lents s’empreignent de poésie et de raffinement, tandis que ceux qui se voient soumis à un tempo rapide, électrisent avec brio par une légèreté de l’articulation agrémentée d’élégance et de profondeur du ton.

C’est ainsi que ses interprétations sont resplendissantes de lumière et peaufinées au niveau des couleurs. Et c’est sa souplesse des lèvres et son contrôle parfait de la colonne d’air qui leur assurent cette splendeur et toute cette musicalité, de sorte qu’on pense, au travers du caractère chantant des mélodies, à une vraie voix humaine. Son vibrato, que ce soit celui des doigts ou celui du souffle, n’est jamais excessif, et sa sonorité est pure, douce, ronde, ouverte et brillante, en ne laissant percevoir aucun accent criard ou étriqué. Pour cet enregistrement, l’artiste se sert de trois instruments construits par Ernst Meyer (décédé en 2016) d’après des prototypes de Peter Bressan (1663-1731) : une flûte à bec alto en fa (dans les HWV 365, 369, 360 et 362), une flûte de voix (HWV 377) et une flûte à bec ténor (HWV 367 et ZN 773).

Dans ces sonates pour flûte à bec et basse continue, il ne faut pas oublier que cette dernière, virtuose et harmoniquement variée (et exécutée ici au seul clavecin, ce qui donne plus de place à chaque instrument), a une importance pour ainsi dire équivalente à celle du dessus. Conformément aux conventions de l’époque baroque, Stefan Temmingh et proposent leurs propres ornements, en animant ces prestations par une brise de spontanéité et de fraîcheur. Le mouvement qu’ils adoptent paraît juste et approprié, et chaque sonate se voit précédée d’un court « prélude » quasi ou entièrement improvisé (dans la plupart des cas, dans la même tonalité), introduisant une atmosphère intime et sérieuse avec les affects dont il s’imprègne.

Capté dans la formidable acoustique de l’église Saint-Germain à Seewen en Suisse par Christian Sager, ce disque est une nouvelle référence du répertoire.