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L’amour de concert pour Sandrine Piau et le Concert de la Loge

Pour son second opus discographique chez Alpha, a choisi la mélodie française du XIXᵉ et du XXᵉ siècle « de concert », accompagnée par un orchestre particulièrement convaincant, celui de .

Dans Chimères, la qualité du timbre de la soprano et la volupté de sa ligne de chant au service de l’expressivité magnifiaient une programmation musicale très intéressante. Celle conçue pour ce disque, en partenariat avec le Palazzetto Bru Zane, se révèle déséquilibrée avec quelques pages musicales certes rares mais assez convenues (telles Si j’ai parlé… Si j’ai aimé de   ou Promenade matinale de ). Pour parler d’amour, on peut évidemment compter sur Saint-Saëns (Extase, Papillons, Aimons-nous) dont la subtilité sentimentale bouleverse dans L’Enlèvement, ou bien Berlioz et ses deux extraits des Nuits d’Été que incarne à la perfection.

Au-delà de la poésie de la mélodie et des intentions portées avec bonheur par l’artiste, il reste regrettable que dans un répertoire où le texte a une place majeure, la diction ne permette pas suffisamment d’atteindre une bonne compréhension des vers de Victor Hugo, Verlaine et Théophile Gautier pour ne citer qu’eux.

La véritable satisfaction de ce disque reste l’interprétation foisonnante en couleurs et en sensibilité du Concert de la Loge mené d’une main de maître par le violoniste . Si la prise de son les dessert en les positionnant au second plan, c’est bien l’intensité de chaque teinte orchestrale sur instruments d’époque qui est la plus savoureuse, notamment dans les œuvres instrumentales de Gabriel Pierné (Chanson d’autrefois), (Aux étoiles), la Valse très lente de Massenet initialement pour piano, ou la Symphonie Gothique de Godard, magnifiant les amours vivaces de ce romantisme « de concert ».