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Bach l’italien avec Le Banquet Céleste

reprend au pays (il est né à Rennes) un des programmes les plus fameux de son Banquet Céleste, conçu autour des affinités de Bach avec les compositeurs italiens de son temps.


Si l’on connaît les célèbres relectures vivaldiennes de Bach, on connaît moins sa réécriture en 1740 du Stabat Mater que Pergolèse avait écrit quatre ans plus tôt avant de disparaître prématurément. L’œuvre devient le Psaume 51 Tilge Höchster meine Sünden du catalogue BWV. On y goûte un nouveau texte en allemand, mais surtout les subtiles réaménagements opérés par le vieux Cantor sur la musique du jeune compositeur. C’est tout aussi sublime. Surtout dans l’interprétation de la soprano et de , contre-ténor et chef d’un ensemble de sept exécutants (deux violons, alto, violoncelle, contrebasse, théorbe, orgue, clavecin) en plénitude dans la longue nef de la Cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier. L’équilibre orchestre-chanteurs est remarquable. Les deux voix se marient particulièrement bien. Elle, quasi-égarée, finalement solaire, transpercée de musique bien avant la première note émise par une voix dont l’émission fascine surtout dans le façonnage des aigus. Lui, sobre, naturel, évident dans les vocalises, étonnant de souffle, bouleversant d’intériorité dans le Cum dederit du Nisi dominus vivaldien donné avant l’entracte d’un concert ouvert avec ce qui est généralement considéré comme le brouillon du Stabat mater : le bref Salve Regina. On salue ce programme d’une soirée dont le succès annoncé (peu ou prou une enfilade de tubes) ne masque pas une intelligente composition, soirée longuement applaudie, refermant en beauté les deux semaines de la très éclectique 11ᵉ édition du Festival Voce Humana.

Crédits photographiques : © Michèle Misan/Alain Le Bourdonnec

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