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L’ensemble Jupiter, tout feu tout flamme

nous l’avait annoncé l’année dernière : voici le premier projet de l’ avec des concertos de Vivaldi pour luth, violoncelle et basson, et le chant de .

Ce nouveau disque n’est, pour sûr, dépourvu ni de couleurs ni d’effets ! Dès les premiers airs de cette programmation, « Gelido In Ogni Vena » (Farnace) et « Armatae Face Et Anguibus » (Juditha Triumphans), la vigueur de ces onze musiciens spécialisés dans le répertoire baroque ne pâtit pas de mordant. Peut-être un peu trop, certaines attaques et quelques nuances manquant un brin d’élégance pour convaincre pleinement.

Lea Dessandre excelle dans ces lignes vocales exigeantes de par leur longueur et l’agilité de leur trait (brillante dans l’air « Agitata Da Due Venti » extrait de Griselda !). La vivacité des dynamiques est telle qu’elle atténue malheureusement la profondeur de l’air extrait de Giustino « Vedrò Con Moi Diletto » alors que la sérénité prime dans l’air « Mentre dormi, Amor fomenti » extrait de L’Olimpiade.

Le basson de Peter Whelan est d’une virtuosité étonnante dans le premier mouvement du Concerto en sol mineur. Le sens de la phrase et du discours est particulièrement prenant dans les deux derniers mouvements. De son côté, choisit une interprétation délicate, voire intimiste, du Concerto en ré majeur destiné à son instrument. In fine, l’instrumentiste qui se démarque est grâce à son excellente interprétation du Concerto pour violoncelle en sol mineur. L’évidence de son jeu dans l’Allegro, la finesse de son dialogue avec le luth dans le deuxième mouvement, sa brillante solidité technique pleine de fougue et d’allant dans le dernier mouvement, mériteraient à eux seuls l’intérêt porté à cet enregistrement.

Génération directement héritière des grands pionniers tels que William Christie, Philippe Herreweghe ou encore , qui ont largement contribué à la redécouverte de la musique ancienne, ces musiciens de la nouvelle génération, tous exceptionnels dans leur art que ce soit au chant, Thomas Dunford au luth, Cecilia Bernardini et Louis Creac’h au violon, Jérôme Van Waerbeke à la viole, au violoncelle, à la contrebasse, Peter Whelan au basson, Emmanuel Frankenberg au cor, Roberta Cristini au chalumeau et au clavecin et à l’orgue, se donnent la mission d’apporter la touche de modernité nécessaire (?) à ce répertoire pour que celui-ci prospère grâce à une notoriété toujours grandissante. Reconnaissons la mission louable, la démarche est évidente à l’écoute de ce disque, même si l’approche est parfois quelque peu dépourvue de finesse et de grâce. La vigueur de ces interprètes, encore juvénile et débordante, gagnerait en effet à être canalisée.

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