ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Lucinda Childs, un solo pour le 11 septembre

A l’Espace Cardin, The Day est une rencontre exceptionnelle entre la danseuse et la violoncelliste , mise en espace par Lucinda Child sur une musique de . Un solo conçu en hommage aux victimes de l’attentat des tours jumelles de New York, en 2001.

a trouvé en une danseuse à son image. Elle a confié à la danseuse étoile du , qui en est devenue récemment codirectrice, un solo créé en mai 2019 en hommage à l’attentat du 11 septembre 2001 à New York. Composée en deux parties sur la musique de Luc Lang et avec la violoncelliste , The Day est une leçon de ténèbres qui nous emmène vers la lumière.

Dans la première partie, des phrases se succèdent toutes les 60 secondes. Toutes commencent par « Je me souviens du jour où… ». 300 réponses récoltées sur Internet permettent de composer un kaléidoscope de priorités humaines, celles du jour d’avant la catastrophe. Aller à l’université, se marier, quitter son emploi, demander le divorce… toutes les situations de la vie quotidienne s’enfilent comme des perles d’un long collier.

Blonde lumineuse et hiératique, Wendy Whelan prend toute sa place dans cette mouvante litanie des souvenirs. Avec douceur, la danseuse au corps encore souple se glisse dans l’âme et la pensée de tous ces anonymes ayant jeté leur sentiment sur la toile. Son costume en tissu élastique fait penser aux expérimentations textiles d’Alwin Nikolais dans les années 60 et 70. L’étroitesse du plateau de l’Espace Cardin limite cependant ses évolutions dans l’espace, prolongé par une projection vidéo en noir et blanc qui donne de la perspective et de la profondeur. Juchée sur un tabouret, au sommet d’un plan incliné métallisé, la violoncelliste accompagne ce Lamento des accents déchirants de son instrument.

Dans la deuxième partie, qui a lieu de l’autre côté des ténèbres, les deux femmes sont vêtues de noir. Elles ont inversé leur place sur le plateau. La danse se fait plus ample cherchant le réconfort, implorant le pardon. Par petites touches, elle redonne place à la vie, porteuse d’espoir. Purement instrumentale désormais, la musique minimaliste de rythme ce nouveau cheminement, Maya Beiser y mettant toute sa passion pour transmettre ses émotions.

Ce très beau spectacle, conçu par une équipe 100 % féminine, saura toucher le cœur de beaucoup.

Crédits photographiques : © Nils Schlebusch