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Jonas Kaufmann : Quand Otello revient au lied

, nous le savons, adore le lied. Il y revient avec ce dernier album tout à fait personnel, mais au bilan tout de même mitigé.

La chose est certaine : Au milieu du premier confinement, et voulaient se faire plaisir. En résulte un album de lieder sans prétention ni concept intellectuel, réunissant ce qu’il y a de plus connu dans ce répertoire. Rien ne manque du Violet de Mozart à la Truite de Schubert en passant par Widmung (Schumann), Wiegenlied (Brahms), « Es muss ein Wunderbares sein » (Liszt) ou encore Zueignung de , le tout agrémenté de quelques raretés dont l’emblématique Selige Stunde d’.

Le bilan artistique du projet est pourtant mitigé. D’une part il y a la sensibilité musicale de nos deux artistes qui se connaissent – on le sent bien – depuis plusieurs décennies. Ils respirent l’un avec l’autre nous offrant ainsi des sommets d’émotion dans certains des lieder les plus intimes du programme, tels que Mondnacht de Schumann ou « Ich bin der Welt abhanden gekommen » de Mahler. S’y ajoute la diction exemplaire du ténor, à la fois claire et naturelle, qualité indispensable pour tout chanteur de lieder.

Mais Jonas Kaufmann l’est-il vraiment, au moins au stade actuel de sa carrière ? Nous nous permettons d’en douter. La couleur sombre, certes unique, du timbre, l’émission très basse effleurant par moments l’engorgement, la vaillance d’un aigu toujours un rien poussif – tout cela convient bien mieux aux héros tourmentés du répertoire lyrique qui ont fait la gloire du ténor qu’à ces miniatures romantiques. S’y ajoutent une tendance à détimbrer dans le piano ainsi qu’un certain manque de flexibilité que l’on pardonne plus facilement à un Otello ou Siegmund qu’à un chanteur de lieder, encore que… Un album donc qui sait toucher, émouvoir même à plus d’un moment, sans pourtant convaincre totalement.

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