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Un Noël russe pour l’Orchestre Philharmonique de Radio France

Poésie et féerie au programme de ce concert de Noël, donné par le Philhar’ et la , dirigé par . Aux trois œuvres célèbres de Tchaïkovski répond la touchante et peu connue cantate « La neige tombe » de Georgui Sviridov, comme un moment suspendu de paix et de sérénité, nécessaire exutoire à la période difficile que nous vivons.


Les extraits symphoniques du Lac des cygnes s’ouvrent sur la cantilène du hautbois d’Olivier Doise, bientôt relayé par l’ensemble de l’orchestre dont on apprécie immédiatement l’ampleur sonore et la réactivité sous la direction précise de , donnant corps à une lecture pleine d’allant ne laissant aucune place à une quelconque mièvrerie. La texture orchestrale limpide met en valeur des performances individuelles irréprochables (petite harmonie et cuivres) avec une mention particulière pour à la harpe, Ji-Yoon Park au violon solo et au violoncelle.

La cantate « La neige tombe » (1965) surprend par son originalité au sein de ce programme festif. Peu connue, elle donne à la Maitrise de Radio France l’occasion de faire valoir tout son talent (timbres et cohésion) dans cette œuvre pour chœur d’enfants de Georgui Sviridov, composée sur trois poèmes de Boris Pasternak, une sorte de réflexion sur la fugacité du temps qui passe… elle impressionne dans sa première section par la répétition monotone et lancinante de la phrase « la neige tombe » qui donne son nom à la cantate. La section médiane « âme » imprégnée de tristesse est un moment d’apaisement et de méditation, avant que la section finale « nuit » renoue avec une atmosphère plus joyeuse (flûte, piccolo et contrebasson) dans un insolite contraste avec les couplets précédents.

Supersoliste et violon solo du Philharmonique de Radio France depuis 2018, Ji-Yoon Park livre ensuite une interprétation très aboutie de la Sérénade mélancolique pour violon de Tchaïkovski associant virtuosité d’exécution et profondeur d’intonation, culminant dans une courte cadence parfaitement maitrisée et une coda pathétique se terminant par quelques pizzicati suspendus prolongés par un émouvant silence. La féerie reprend ses droits avec la suite orchestrale de Casse-Noisette et ses évocations enfantines en huit numéros, mettant en avant les différents pupitres de l’orchestre : cordes et petite harmonie dans l’Ouverture ; cuivres dans la Marche ; célesta dans la Fée-Dragée avec ses scintillements accompagnés par la douce clarinette ; tutti orchestral dans la frénétique danse russe ; langoureuse clarinette et basson dans la danse arabe ; flute et piccolo dans l’humoristique danse chinoise ; cors dans la valse des fleurs, précédant une valse des flocons qui regroupe chœur et orchestre dans un hivernal et haletant au revoir.

Crédit photographique : Ji-Yoon Park et Mikko Franck © Christophe Abramowitz

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