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100 Trésors du Musée de la musique

Le Musée de la musique à Paris présente 100 instruments de sa collection, en photos et au travers de thématiques précises.

La collection du musée compte 7000 instruments et parmi eux près de 1000 sont exposés à la Cité de la Musique. Ce catalogue intitulé « Échos », qui se veut « à rebours des discours d’évolution et d’apogée » selon Marie-Pauline Martin, la directrice du Musée, propose une sélection de 100 pièces, de tradition occidentale ou pas, sans ordre chronologique, sans volonté de comparaison. Neuf thématiques, qui peuvent être reparties en trois approches (symbolique, esthétique et organologique), permettent d’aborder l’ouvrage par autant d’entrées précises qui nous interpellent selon nos goûts et affinités. « Animal » présente des crosses sculptées, un clavecin orné de fleurs et d’oiseaux, une guitare à écailles de tortue ou un charango en carapace de tatou. Avec « Courbe » nous restons encore dans l’animalier avec des serpents bien sûr, puis un cor, un saxophone. Les « Boutons » sont ceux de l’accordéon ou du synthétiseur modular de Franck Zappa exposé dans le Studio Pierre Henry reconstitué à la Philharmonie de Paris. La « Peau » évoque le luxe comme cet étui de guitare de la princesse de Conti parsemé de fleurs de lys (XVIIᵉ -XVIIIᵉ), ou se veut claire et tendue comme les membranes de la tarole, chère à Edgar Varèse. Riches et ouvragées sont les roses de luth, théorbe ou guitare pour « Ouïes », sans oublier celles emblématiques du violon. Un clavecin, un luth vihuela du Mexique ou une guitare électrique modèle Mustang, présentent le « Rouge » couleur riche, puissante et éclatante qui sied aux instruments qu’ils soient somptueux, révolutionnaires ou symbole du « rêve américain ». Les « Cordes » sont celles du piano à queue prêté par la maison Pleyel à Chopin de 1839 à 1841, de la harpe du Gabon ou de la trompette marine. Précieux « Ivoire » d’un autre temps, de la vièle ou des castagnettes, décor ciselé ou trompe africaine. Les instruments deviennent aussi « Antropomorphes » : viole d’amour, pochette ou étonnant Nuckelharpa suédois aux larges ouïes comme deux gros yeux qui nous regardent.

Chaque thème fait l’objet d’une page explicative en tête de chapitre, en guise d’avant-propos pour mieux guider le lecteur vers les instruments que l’on découvre ensuite. Puis chaque instrument bénéficie d’un petit texte de présentation et de contextualisation. L’iconographie très belle, dépouillée, met en valeur les instruments qui apparaissent sur fond blanc ou neutre, parfois uniquement par les détails significatifs de leur facture. Seul bémol, la reliure avec pliage d’inspiration japonaise qui permet de ne pas « couper » certains instruments entre deux pages est un peu déroutante au départ.

Des instruments qu’on a envie d’aller voir en vrai au Musée quand il aura rouvert. En attendant, on a plaisir à relire l’ouvrage pour le plaisir des yeux.

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