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Jeunesse et maturité pour la Belle Meunière d’Andrè Schuen et Daniel Heide

Duo de choc pour une œuvre phare du répertoire du lied allemand. Le récital chant-piano a décidément le vent en poupe.

Déjà connu pour ses interprétations d’opéras mozartiens (Guglielmo de Cosi, le comte des Noces, Don Giovanni), le baryton est décidément en train de se faire un nom dans le domaine plus confiné du lied allemand. Son dernier récital chez CAvi-music avait attiré notre attention, et c’est désormais chez Deutsche Grammophon qu’enregistre notre jeune Italien du nord issu de l’Alto Adige (ou Tyrol du sud), la partie germanophone de l’Italie. Pour une œuvre comme La Belle meunière, la concurrence est rude si l’on pense à tous les grands chanteurs qui ont enregistré le cycle schubertien pour le label jaune : Walther Ludwig, Julius Patzak, Dietrich Fischer-Dieskau, Fritz Wunderlich, Peter Schreier, Hermann Prey, Francisco Araiza, Thomas Quasthoff… Même Brigitte Fassbaender, une des rares chanteuses à avoir incarné l’amoureux de la belle meunière, a immortalisé sa contribution pour la marque prestigieuse.

Au-delà de la beauté intrinsèque de la voix, chaude et moelleuse aux couleurs encore juvéniles, on appréciera le raffinement de la musicalité et de la ligne vocale, qui pourraient presque laisser penser que le texte passe au second plan. De fait, le diseur et le chanteur réalisent ce parcours schubertien main dans la main, même si on trouvera peut-être que l’émotion vient souvent davantage de la musique que du texte. C’est sans doute la raison pour laquelle les morceaux lents faisant appel à la ductilité du legato – « Danksagung an den Bach », « Morgengruß », « Der Müller und der Bach », « Des Baches Wiegenlied » comptent parmi les plus belles réussites de cet album. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! La clarté de l’élocution dans « Mein ! », « Der Jäger » ou « Eifersucht und Stolz » ne donneront rien à envier aux chanteurs qui ont davantage misé au cours de leur carrière sur leur diction percutante et sur l’attention portée au texte. Pour l’accompagnement, le piano de est un véritable régal, autant pour la précision métronomique du jeu que pour la discrétion avec laquelle il souligne chaque inflexion du chanteur.

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