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Redécouverte de la musique symphonique suisse avec le Swiss Orchestra

La série « Début » du label Schweizer Fonogramm s’inscrit dans la même mission que celle du : faire renaître des musiques oubliées. Pour ce disque initié par sa cheffe d’orchestre et musicologue , ce sont deux œuvres du romantisme suisse enregistrées en première mondiale qui sont proposées.

Recommandé par Felix Mendelssohn Bartholdy pour publier plusieurs pièces de piano chez la prestigieuse maison d’édition Breitkopf & Härtel, puis assistant de Franz Liszt pour qui il orchestra un bon nombre d’œuvres, (1822-1882) n’a véritablement embrassé une carrière de compositeur qu’en 1855, où pour son premier concert, le lied avec orchestre Traumkönig und sein Lieb fut donné parmi trois autres compositions. Entre rêve et réalité, y dépeint la visite du « roi de rêve » (« Traumkönig ») à sa bien-aimée.

Influencé par l’écriture orchestrale d’Hector Berlioz qui rendit visite à Liszt entre 1852 et 1855, Joachim Raff s’intéressa au lied avec orchestre bien avant l’apogée du genre à la fin du XIXᵉ siècle. Sur un poème d’Emanuel Geibel (1815-1884), la montée en puissance de la sensualité entre le couple amoureux est traduit par une esthétique où l’importance du timbre est fondamentale, assurant une fusion entre une orchestration novatrice, une forme et un dessein harmonique. Sous la baguette de , les jeunes instrumentistes du manient avec dextérité le crescendo des cordes et la première attaque des vents et des timbales jusqu’au sommet, initialement scintillant et étincelant, grâce aux différentes figures de doubles croches parfaitement exécutées aux violons et aux altos. Au chant, la mezzo-soprano déploie un timbre séduisant, assurant une ligne de chant voluptueuse et une projection puissante.

La Symphonie en mi bémol majeur op. 9 d’ (1821-1896) créé en 1845, faisait partie du répertoire symphonique au XIXᵉ siècle. Régie par les modèles du classicisme viennois, elle permet à la phalange de caractériser son jeu selon un souffle « poétique », dynamisé par des thèmes animés et quatre mouvements contrastés comportant toutefois une unité formelle rassurante. Pour accompagner au mieux l’auditeur dans ses deux découvertes, le texte explicatif de la notice est précis, tout comme la prise de son qui capte agréablement la masse orchestrale dans toutes ses composantes.

Un disque d’un intérêt certain, autant d’un point de vue du travail de composition que sur le plan interprétatif.

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