- ResMusica - https://www.resmusica.com -

L’amour d’Éros et de Psyché, le récital à géométrie variable d’Ambroisine Bré

On a suffisamment regretté, dans ces colonnes ou dans d’autres, le manque d’originalité de la plupart des récitals en CD, qui ne comportent que des titres archi-connus dans le simple but de mettre en valeur l’artiste. On ne peut donc que saluer la magnifique réussite de celui d’, qui mélange les genres, les interprètes et les styles, afin de nous raconter une véritable histoire.

Le conte prend racine sur les amours d’Éros et de Psyché. Cette dernière vit tranquille auprès de ses sœurs, jusqu’à ce qu’Aphrodite, jalouse de sa beauté, lui dépêche son fils armé de son arc, pour la rendre amoureuse de l’être le plus laid possible. Mais Éros manque son coup et se transperce lui-même de sa flèche (faut-il être maladroit !) et follement amoureux, l’enlève, la dissimule, et vient lui rendre visite chaque nuit, en lui interdisant de découvrir son visage. Une nuit, elle parvient quand même à le voir, et elle s’enfuit, puis tombe dans un profond sommeil. Éros la retrouve et la ranime, puis il l’épouse sur l’Olympe, où l’ambroisie fait d’elle une immortelle.

De ce mythe, déroule un récit en quatre parties : l’innocence et la rencontre, l’amour, le désespoir, le sommeil et la réunion. Pour ce faire, elle puise dans un répertoire aussi rare qu’inattendu, et fait appel à toutes les ressources possibles, de la poésie récitée (rien moins que , impeccable), à la mélodie, accompagnée au piano, à la flûte, ou des deux, d’une pièce pour piano solo (l’Isle Joyeuse de Debussy, à des extraits d’opéra (Otello de Rossini, Les Troyens de Berlioz, Psyché d’Ambroise Thomas). Les compositeurs invoqués sont souvent fort rares (, Émile Paladilhe, Lili Boulanger, Guillaume Lekeu, Julius Bénédict…) et même parmi les plus connus, ce ne sont pas leurs tubes qui sont utilisés. On navigue donc de découverte en découverte, pour notre plus grand plaisir.

Accompagnée par le , Ambroisine Bré, qui n’a donc pas choisi la facilité, est naturellement omniprésente, avec son timbre mordoré, son engagement dramatique et sa diction parfaite, mais ses coéquipiers ne sont pas en reste (épatant , qu’on n’attendait pas en Énée !). On retrouve également au piano, à la flûte et à la harpe. Bref, c’est un premier CD parfait, qu’on réécoutera souvent, et que tout un chacun doit absolument se procurer !

(Visited 398 times, 1 visits today)