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Trois contes des Mille et une nuits dans un livre-disque enchanteur

Mariés aux musiques pittoresques inspirées d’un orient fantasmé, ces contes des Mille et une nuits sont un enchantement pour les yeux et les oreilles.

Adapter les Mille et une nuits pour la jeunesse n’est pas une tâche si aisée, malgré le populaire Aladdin de Walt DisneyAussi ce livre-disque est-il une réussite par la finesse de ses choix et la qualité de sa réalisation. Il regroupe trois contes judicieusement choisis : Les trois princes amoureuxLe pêcheur et le méchant génie et Ali Cogia, le marchand de Bagdad, sans oublier l’histoire de toutes les histoires, celle de Shéhérazade. Le texte, intelligible pour un enfant de 7-8 ans, est accessible sans être édulcoré ni simplifié, écrit dans une belle langue et raconté avec clarté par (pensionnaire à la Comédie française). Les illustrations, avec leurs belles couleurs et un dessin moderne, sont oniriques, magiques ou drôles, évoquant soit un décor d’opéra, une mosaïque, ou un dessin d’amphore.

Mais l’originalité de cet enregistrement tient beaucoup à la musique, à la fois bien choisie et bien associée au texte : celle de compositeurs occidentaux ayant rêvé l’orient depuis le XIXe siècle : Rimski-Korsakov et sa Shéhérazade, bien sûr, mais aussi (La Princesse jaune et Samson et Dalila), (Sylvia, La Source), (Festin de Balthazar), Alexandre Glazounov (Rêverie orientale) et plus tard , qui a adapté Aladdin, et Albert W. Ketèlbey, dont certains se rappelleront peut-être la musique pittoresque de Sur un marché persan. L’, composé de ses six instrumentistes (vents et harpes), auxquels s’ajoutent ici des percussions, a adapté ces œuvres pour son effectif. L’adaptation fonctionne bien : elle donne une atmosphère plus intime et généralement moins capiteuse, la présence des vents souligne subtilement les effets orientaux et permet d’entendre de belles mélodies au hautbois. Les extraits choisis tantôt illustrent le texte en arrière plan, tantôt relancent la narration. Parfois la musique colle très habilement au texte, comme lorsque l’intervention dissonante des cuivres de La place du marché d’Ispahan (Nielsen) coïncide avec celle du mauvais génie.

Ajoutons que le livre comprend deux pages sur l’histoire des Mille et une nuits et leur influence en Occident. L’enregistrement est également disponible en ligne en streaming (mais pas au téléchargement). Quelques extraits d’œuvres sont données en bonus musical, mais pas toutes.

Si a priori une heure d’écoute d’affilée peut sembler long, il y a fort à parier que les jeunes auditeurs se laisseront séduire, livre en main, comme le terrible sultan l’a été.

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