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Michele Spotti dirige Schoenberg et Mahler à Marseille

Plus connu pour ses prestations à l'opéra, l' possède aussi une saison symphonique, qui permet de l'entendre en cette fin d'année dans un répertoire viennois sous la direction de .

À 31 ans, attire souvent par son énergie lorsqu'il est en fosse, notamment dans son répertoire de tradition, l'italien. Pour autant, le chef dirige aussi au concert, avec chœurs et solistes comme pour celui des 100 ans de l'Opéra de Marseille le 3 décembre, ou comme celui-ci dans un répertoire purement symphonique à l'Auditorium du Pharo.

Le fait que quelques instrumentistes soient présents dans les vents lorsque l'on entre dans la salle (environ vingt minutes avant le début du concert), laisse présager qu'il aura manqué quelques répétitions pour parfaire les interprétations à venir. Et en effet, La Nuit Transfigurée de Schoenberg qui ouvre le programme (avec juste les cordes bien entendu, les bois étant partis environ cinq minutes avant le commencement) montre quelques décalages, par exemple dans les violoncelles, parfois légèrement en avance.

Sans y proposer de mystique particulière, ni encore moins torturer cette partition encore purement post-romantique et tonale, parvient à lui insuffler de belles effluves, aux couleurs plus solaires que sombres, pour emmener cette œuvre loin de Vienne, vers la chaleur du Sud. Toujours lyrique, le premier violon joue cependant à un volume sonore qui conviendrait mieux à la version pour septuor, et ne se démarque donc pas toujours assez dans ses solos, surtout lorsqu'il a en face ceux de la première alto, pleine d'enthousiasme.

En seconde partie, l'orchestre rentre cette fois au complet sur la scène, obligé même pour la Symphonie n° 4 de Mahler de quadrupler les flûtes et les cors. Là encore, on sent que le concert anniversaire du début de semaine aura empêché un ou deux services de répétitions en plus pour affiner le propos. Toutefois, si Spotti ne propose toujours pas d'option personnelle pour cette partition, ni dans le Bedächtig surtout approché par sa matière symphonique, ni dans le Ruhevoll un peu trop emporté, il y apporte un allant bien adapté à la formation phocéenne.

Loin de sonner viennoise encore une fois, l'interprétation met très en avant de nombreux contrepoints, notamment ceux des cors, régulièrement démarqués comme pour un opéra de Verdi dans leurs interventions, là où l'on attendrait plus de finesse. Trop forte aussi mais toujours très juste, la première trompette semble prête à jouer la Symphonie n°5, tant elle donne de ferveur à chacun de ses solos. D'un tempo habituel (à peine une heure, après une Nuit Transfigurée de trente minutes), cette Quatrième ravit donc surtout au lied conclusif, grâce à la présence de .

Déjà entendue à plusieurs reprise dans l'œuvre, même s'il n'existe d'enregistrements officiels d'elle que dans les Huitième (Gergiev) et Deuxième (Noseda) symphonies de Mahler, la soprano entre dans le texte du Knaben Wunderhorn avec une articulation captivante, qui compense largement le léger manque de souffle de certaines fins de phrases et une puissance tout juste suffisante pour porter jusqu'aux derniers rangs du parterre. Avec son timbre très nuancé, bien placé dans le médium comme dans l'aigu, Mühlemann prononce chaque mot du poème pour en parfaire chaque inflexion, jusqu'à une attachante conclusion de cette vie céleste (Das himmlische Leben).

Crédits photographiques : © ResMusica

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