Entouré de ses amis, interprètes et public fervents, le compositeur Jacques Lenot a fêté ses 80 ans à la Salle Colonne avec une nouvelle œuvre, Au regard de l'éternité, une expérience d'écoute sur le temps long (une heure de musique) comme il aime la concevoir et qu'il a dédié au mécène et ami Joël Rousseau. Avec ce titre, nous a dit le compositeur, « j'aborde le concept de la joie selon Spinoza dont on fête, par ailleurs, la naissance le 24 novembre 1632 à Amsterdam. »
L'œuvre mixte associe le violoncelle de Raphaël Pidoux à un orchestre virtuel, une partition écrite par Jacques Lenot et numérisée par le réalisateur en informatique musical Thierry Bugaud et l'équipe du studio La Boîte dans la boîte. Spatialisé, le son est diffusé à travers des haut-parleurs situés aux quatre coins de la salle. Le violoncelliste, quant à lui, est installé au milieu du public sur un plateau tournant et joue en surimpression, une partie tout à la fois autonome et dans le reflet de ce qui nous parvient de la voûte sonore. Le parti pris d'un jeu vibré et l'énergie/tension du geste que l'interprète exerce tout du long est au détriment d'une qualité du son (pureté des harmoniques, ciselure du trait, rebonds des pizzicati, jeu de ricochets, etc.) et d'un nuancier de couleurs et de dynamiques qui nous a manqué pour apprécier pleinement le fruit de cette installation visionnaire. (MT)
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