- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Un event Cunningham devant les Nymphéas

et , anciens danseurs de , ont été tous deux invités à donner un « concert de danse » devant les Nymphéas de Monet au musée de l'Orangerie, avec quatre interprètes. Le format « event » ressuscité…

Inauguré par Merce Cunnigham en 1954, l'event est une forme d'événement chorégraphique que le chorégraphe américain a particulièrement choyé, en ayant donné plus de 800. Donné dans divers espaces imprévus non scéniques, extérieurs ou intérieurs, sans centralité, l'event se prête d'emblée à l'ovale de la salle des Nymphéas, bordée de public, très jeunes compris.

L'event est un moment unique qui joue de l'aléatoire : les séquences dansées font l'objet d'un tirage au sort avant l'entrée en scène, ce qui implique pour les interprètes de bien connaître toutes les pièces, ici des soli choisis dans le répertoire de .

Ceux-ci se succèdent au fil de de sobres transitions. Quatre solis sont dansés par la compagnie Dance, dirigée par , extraits de 50 looks (1989), Changeling (1957), Solo (1975) et RainForest (1968). Puis la compagnie Kashyl Ashley Shen prend le relais pour Second hand (1970), Loose time (2002) et Changing steps (1973), tous portés par d'excellents danseurs.

Dans les premières pièces le mouvement se déploie tout en lenteur, avec attention et précision. Vu du musée de l'Orangerie, certaines postures nous évoquent les sculptures de Maillol, toutes proches de nous au jardin des Tuileries.

Soudain une main frémit, le corps se rassemble et bondit : un solo issu de RainForest, qui n'a pas pris une ride, est remarquablement interprété par dans une danse sans cesse au bord du déséquilibre, ciselée, sujette à de vives et fines ruptures dans de délicats déplacements invoquant d'étranges échassiers, tels ceux que , fin et passionné observateur, peignait à ses heures. Tout au long de ce parcours doué d'anima, les danseurs excellent à déployer attention, fragilité, délicatesse et impulsivité maîtrisée.

La musique joue sa partition, cordes, distorsions électroniques, cloches, sans oublier le silence (John King 100 tonnes candles).

Crédits photographiques : Cunningham Solos © Maurice Gunning

Lire aussi : Nos autres articles « Danse dans les Nymphéas »

L'Académie des beaux-arts célèbre Claude Monet

(Visited 12 times, 13 visits today)
Partager