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Trajal Harrell tout en poésie dans la salle Ovale de la BNF

La Bibliothèque Nationale de France a présenté, dans la salle Ovale du site Richelieu, la deuxième saison du cycle « Chorégraphie pour une œuvre ». Pour cette édition, ce moment de rencontre entre ses collections et la danse, met à l'honneur le dialogue fécond entre trois femmes artistes et penseurs et le chorégraphe .

Pour cette première soirée au sein de la BNF, l'artiste présente une chorégraphie de vingt-cinq minutes, inspirée par une œuvre de Sonia Delaunay, une maquette de costume : Bulle de savon, crée en 1928. Le dessin, conservé à la Bibliothèque Nationale de France, représente une silhouette colorée, composée de cercles roses entourant des disques de couleurs vives. L'exercice est délicat. Après avoir été confié à Mathilde Monnier, Noé Soulier et Ola Maciejewska, le défi de ces rencontres inédites est largement relevé par .

est un habitué des musées et des performances originales. Habité des mouvements de la danse postmoderne et du voguing, il a également travaillé sur les liens entre la danse et le butô. Il a été l'invitée la 77e édition du Festival d'Avignon dans la cour d'honneur avec son splendide The Romeo avant de se voir consacrer un portrait par le Festival d'Automne. Actuellement fondateur et directeur artistique du Zürich Dance ensemble, il a bénéficié de 2013 à 2016, d'accueils au Museum of Modern Art de New-York et au Barbican Centre à Londres.

Trajal Harrell habite le site exceptionnel de la BNF avec grâce, possédé de gestes amples et déliés, faisant vibrer la palette d'un fauvisme revisité de couleurs vives avec un rituel presque sacré d'invitation au mouvement. Ce format et ces gestes, comme empruntés à une esthétique antique, rappellent les danses d', formées d'anacrouses, d'un allant de transe et de la légèreté du jazz, du voguing et d'un flamenco revisité.

Les prochains rendez-vous feront dialoguer l'artiste avec Simone de Beauvoir et Édith Piaf, couvrant un demi-siècle de créations et de réflexions de femmes engagées. Nul doute que la poésie pure de Trajal Harrell fera, encore une fois, honneur aux œuvres de ces femmes, actrices d'un dialogue fécond entre les lettres, la musique et la peinture. Trajal Harrell continue à creuser le sillon d'une pureté du geste et d'une délicatesse de la performance.

Crédits photographiques : © Rita Antonioli

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