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Eddy de Pretto et Maud le Pladec, roi et reine du dancefloor à Chaillot

et Maud Le Pladec ont électrisé la salle Gémier du Théâtre de Chaillot avec Lonely Club, une proposition originale et vitaminée, à la croisée des genres. Un spectacle galvanisant dans le cadre du Chaillot Expérience Mode, servi par deux bêtes de scène : une idole de la pop et la chorégraphe des JO, directrice du .

La voix d' frappe d'abord par son grain singulier : elle évoque un roc, elle tonne comme frappée par une pierre. Cette rugosité cohabite avec une douceur tout autant singulière, une texture souple, mélodieuse, comme matinée de soie. Cette voix est à la fois puissante et sensuelle. Elle sert des textes où le rythme est chamboulé, le tempo rapide, les mots enserrés par une prosodie millimétrée. La sensualité déborde, le chanteur se dresse au milieu d'un monde sensible qui célèbre tout autant les sujets de société que le mal-être, chanté comme rarement dans «Instable ». La fête n'est pas de trop pour les mots du rappeur et les corps sculptés des danseurs, dirigés par , l'accompagnent avec une acuité ciselée, un regard bienveillant et explosif.

La pop du chanteur se trouve enveloppée par une énergie redoutable et tout s'efface devant le plaisir brut d'une proposition efficace et épatante. reprend les tubes de ses précédents opus, de « Kid » à l'entraînant « Love'n'Tendresse ». L'exercice a le vent en poupe : pour les Brit Awards, Rosalia a elle aussi récemment impressionnée avec son tube « Berghain » chorégraphié par le collectif marseillais (La) Horde.

Les relations qu'entretiennent la pop avec la danse ne sont pas nouvelles. Elles remontent aux débuts du genre, avec le clip « Thriller » de Michael Jackson par exemple. On se souvient également du clip des Daft punk pour « Around the world ». Et si la danse vient sonder la musique populaire, cette dernière infuse chez les chorégraphes les plus renommés, comme dans les œuvres de Marlene Monteiro Freitas, où Bowie tutoie la transe impudique de la chorégraphe cap-verdienne. Citons encore le chanteur Hervé entouré des danseurs du collectif MazelFreten Ou encore le duo de la chanteuse Zaho de Sagazan et de sa sœur Leïla Ka, véritable phénomène chorégraphique depuis ses débuts. Au centre de l'exercice, la question de la mimésis se pose à chaque fois. Si l'on peut déplorer ce qui pourrait apparaître comme une facilité, avec Eddy de Pretto, le tour de force est réussi et enchante le public.

Crédit photographique : © Quentin Chevrier

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