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ADO à Garnier avec Julie Fuchs, Edwin Crossley-Mercer et Victor Jacob

Ce samedi 13 juin, deux orchestres de jeunes musiciens jouaient sur la grande scène de l’Opéra Garnier.

L’Orchestre Rudolf Noureev, composé d’élèves de 8 à 14 ans, déjà à même d’interpréter l’Ouverture de La Chauve-Souris de Johann Strauss fils, puis quelques extraits de Shéhérazade de Rimski-Korsakov, ouvrait le bal. Dans ces pièces, la première violon Émilie Avez a déjà montré une grande assurance pour les solos.

Sous la direction du chanteur et chef d’orchestre , la soirée s’est dynamisée à partir de la Juba Dance de Florence Price, engageant les musiciens par ses rythmes et poussant à libérer plus les jeunes esprits en scène. L’Orchestre Rudolf Noureev a ainsi pu donner une jolie interprétation de l’Ouverture du Barbier de Séville, puis accompagner avec maîtrise et le baryton , tous deux bien en voix et complices dans un duo de l’Acte II de L’Élisir d’Amore – un ouvrage que la soprano reprendra en septembre au Staatsoper Berlin.

La Danse des Heures de Ponchielli est un peu plus compliquée, notamment dans la mise en place de la petite harmonie, et on lui préfère Libertango de Piazolla, chant préparé par le chef de chœur Louis Gal, alors que tous les jeunes musiciens se sont levés de leur siège pour se trouver à présent sur le devant de la scène afin de se transformer en choristes.

En seconde partie de soirée, c’est au tour de l’Orchestre Maria Callas de prendre place sur la grande scène de l’Opéra Garnier avec des jeunes artistes de 17 à 25 ans.

Dès l’Ouverture de Don Pasquale ressort un caractère plus affirmé du jeu, pouvant proposer plus de choses dans l’interprétation, avant de voir revenir les deux chanteurs, cette fois pour un affrontement dans un duo de l’opéra de Donizetti. À cette occasion, si Crossley-Mercer passé de Dulcamara à Pasquale s’amuse toujours autant à en faire beaucoup sur le devant de la scène, cette partie est aussi l’occasion de se rappeler que est une belle Norina, bien qu’elle ne semble pas avoir chanté le rôle depuis 2023 – d’ailleurs à l’Opéra de Paris, mais sur l’autre scène, à Bastille.

L’Ouverture du Baron Tzigane permet de comparer cette pièce de Strauss avec celle jouée par l’orchestre précédent et de mettre en évidence le surplus de maturité de la formation plus âgée, qui donne surtout de belles couleurs ensuite avec ses bois dans des extraits de Mazeppa, puis de l’énergie dans des morceaux des ballets Gayaneh et Spartacus de Khatchaturian, où peuvent se démarquer les qualités individuelles de certains violoncellistes, cornistes et hautboïstes. Aux saluts, les adolescents de la première formation reviennent sur le devant de la scène, et offrent en bis le « Chœur des bourdonnements » du final de l’Acte II de Madame Butterfly de Puccini.

Rafraichissant, ce concert aura aussi permis de voir dans Garnier un public bien différent de celui des Premières des grandes productions lyriques ou de ballet de l’année, avec un parfum de jeunesse et d’ouverture qui rappelle que la musique classique s’adresse à tous. (VG)

Crédits photographiques : , chef d’orchestre d’ADO © DR / Opéra national de Paris

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