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Alvaro Lozano Cames, lauréat au CMIREB 2026, en récital au Festival Musiq’3

Quatrième prix du récent Concours Musical International Reine Elisabeth, le jeune violoncelliste espagnol a remporté également, à cette occasion, le prix du public « Musiq’3 ». Il était, ce dimanche, l’invité du festival organisé par la station-radio de langue française dédiée à la musique classique.

Formé à la Fondation Barenboim-Said de Séville puis à l’Escuela Superior de Música Reina Sofía sous la férule de Jens Peter Maintz, le virtuose espagnol a bénéficié des conseils, en masterclasses, de Frans Helmerson, Mischa Maisky ou Philippe Muller, et est boursier du Grupo Planeta et de la Fundación Albéniz.

Il dispose, dans l’écrin sonore du légendaire Studio 4, d’une totale carte blanche pour construire un récit autour du thème « fil rouge » des Festivals de Wallonie cette année : le voyage. Un itinéraire qui puise d’abord sa sève dans une Espagne natale intensément habitée, avec les brefs mais flamboyants Requiebros de Gaspar Cassadó, très élégants, servis par un legato souverain et un sens inné du rebond rythmique, ou avec une adaptation très réussie des Siete Canciones populares españolas de Manuel de Falla, au gré desquelles se déploie une infinie palette de coloris et de nuances, nimbée d’une nostalgie pudique, presque indicible.

Le dépaysement se mue en épopée lumineuse avec la Sonate en ut majeur op. 119 de Prokofiev. Loin des noirceurs slaves, , dans son approche néo-classique, laisse s’épanouir de vastes courbes mélodiques au gré d’un temps liminaire quasi solaire, mais livre aussi un central espiègle aux déhanchements goguenards. L’interprétation culmine toutefois dans un final d’un optimisme ravageur et d’une fraîcheur revigorante. Si le Pezzo capriccioso opus 62 de Tchaïkovski, virtuose et vaillant, montre quelques fragilités passagères d’intonation sur la chanterelle, le bis (Abenddämmerung op. 20 n°4 de Karl Davidoff) vient refermer cette prestation assez remarquable dans une atmosphère terreuse et automnale, avec cette totale maîtrise du cantabile indispensable à cette pièce de demi-caractère – qu’il avait déjà donnée lors des demi-finales du Concours Musical International Reine Elisabeth.

Il convient de saluer la prestation exemplaire de sa partenaire, la pianiste Naoko Sonoda. Formée à l’école Toho Gakuen et à l’Universität der Künste de Berlin, elle offre au violoncelliste une réponse d’une précision chirurgicale. Par son sens de l’écoute et de la répartie, elle dépasse le simple rôle d’accompagnatrice et, par son sens organique du discours musical, entame un dialogue d’égal à égal avec le glorieux lauréat.

Le récital tient toutes ses promesses et confirme l’immense talent de ce jeune musicien d’à peine vingt ans, à la générosité et au sourire si communicatifs.

Ce duo très complice est à l’affiche du Festival de l’Été Mosan le 19 juillet prochain, en l’église d’Orp-Jauche : un concert qui reprendra l’essentiel du programme de cet après-midi, enrichi de la plus rare Sonate opus 65 de Benjamin Britten. Une occasion idéale pour savourer à nouveau ou pour découvrir le talent et la personnalité aussi riche qu’expansive d’, servie par son violoncelle Joseph Hill — un superbe instrument, d’un boisé rougeoyant et d’une richesse de coloris assez confondante.

Crédits photographiques : Álvaro Lozano Cames © Resmusica.com

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