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Les larmes de Saint-Pierre pour rendre hommage à Denis Raisin Dadre

Ce CD est le dernier enregistré par , brutalement et prématurément disparu en septembre 2025. Le thème des Larmes de Saint-Pierre est dans ce contexte des plus émouvants. Les musiques profondes et savantes de et de y sont d’une troublante prémonition.

Après le décès soudain de voici quelques mois, son dernier enregistrement prend des allures de testament musical au thème troublant des Larmes de Saint-Pierre. Ce titre semble prémonitoire tant le départ de cet interprète coïncide de manière émouvante avec ces Magrigaux d’ et ceux de .

Le fil conducteur du disque est en effet un cycle de vingt madrigaux Les Larmes de Saint Pierre suivi d’un motet final. Il est structuré en trois séquences de sept pièces chacune et est écrit pour sept voix. Les Larmes de Saint Pierre furent la dernière œuvre du compositeur, composée en 1594 et publiée à titre posthume à Munich en 1595. Lasso la dédia au pape Clément VIII le 24 mai 1594, trois semaines seulement avant sa mort. Le cycle est composé de vingt poèmes de Luigi Tansillo (1510-1568) qui décrivent les étapes du deuil de saint Pierre après son rejet du Christ, et son souvenir de l’exhortation du Christ (Matthieu 26, 69-75). La composition de Lasso est écrite pour sept voix, et le symbolisme numérique y joue un rôle central : les sept voix représentent les sept douleurs de la Vierge Marie, et de nombreux madrigaux sont divisés en sept sections. Le nombre total de pièces est de 21, soit sept fois le nombre de personnes de la Trinité .

L’enregistrement retient une sélection de huit Madrigaux qui viennent s’intercaler avec ceux de composées sur le même thème de Lagrime del Peccatore. Exacts contemporains, les musiciens composent leurs dernières œuvres qui entrent en résonance. L’un né dans les Flandres, l’autre en Italie, tous deux sont portés par un même élan stylistique, reposant sur l’intériorité et une savante polyphonie. Toute la subtilité de ces textes est incroyablement mise en valeur par l’. Comme à l’accoutumée, Denis Raison Dadre fait appel à des instruments à vent qui offrent un relief particulier dans la mise en valeur d’accents et de dissonances. Ils offrent un écrin idéal pour le soutien des voix en un parfait équilibre. L’interprétation de haut vol nous fait mesurer combien la disparition de cet artiste est une grande perte.

Recueillement, souvenir, éblouissement, méditation, autant de sentiments mêlés à l’écoute de cet ultime CD de , enregistré l’année de sa mort. Une grande spiritualité est ainsi partagée par l’un de ces artistes qui restera à jamais l’un des plus grands spécialistes de ces musiques de la Renaissance.

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