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L’aimable Kapellmeister

Théâtre de Caen. Dimanche 10 mars, 17h00.

Le Théâtre de Caen propose une saison absolument stupéfiante, foisonnante de têtes d’affiches, de co-productions en tous genres musicaux : des musiques du monde au jazz, en passant par l’opéra ou la grande symphonie en concert sans oublier la danse, le théâtre, la chanson et le cirque. Seul le look « années 60 » de l’Opéra nous rappelle que nous sommes ni au Théâtre du Châtelet ni au Théâtre des Champs-Élysées pour ce concert de l’Orchestre des Champs Elysées et du RIAS Kammerchor. Les chanteurs solistes de ces pages religieuses de Schubert et de Mendelssohn sont la mezzo-soprano Anke Vondung, le ténor , la basse Kai Stiefermann et la jeune soprano belge , à la place de Miah Persson, souffrante. Sur instruments d’époque, les musiciens d’Herreweghe sont souvent extrêmement discrets, laissant le texte, maître de la scène. Cependant, les prestigieux chanteurs du RIAS Kammerchor sont peut-être un peu trop sobres, notamment dans la Messe en la bémol majeur de Schubert. Sans doute aussi parce que le chœur est en fond de scène, les effets de nuances ne sont pas aussi impressionnants qu’on aurait pu imaginer sauf dans les fugues de la messe de Schubert et le chœur final du Psaume 42 de Mendelssohn. reste principalement attentif aux ponctuations des instrumentistes à vents et au texte chanté par les diverses voix, solistes ou chorales. Quant à , elle nous donne une version des airs et récitatifs du Psaume presque candide, feignant la fragilité par des pianos quasi exagérés et par un legato rusé qui nous empêche de percevoir quand elle respire, le son commençant et s’arrêtant sans prévenir. Herreweghe, dans un rôle du Kappellmeister qui lui réussit, n’est ni trop directif, ni trop passif : il tente de ne pas faire écran à la spontanéité de son plateau, ce à quoi il parvient assurément.