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Gruberová en forme olympique pour Norma…

Elle a pris l’habitude de venir se produire régulièrement à Baden Baden lors de représentations en version de concert qui défrayent la chronique. Cette fois-ci, LA Gruberová prenait ses marques dans Norma qu’elle avait toujours fui comme la peste. L’attente a été récompensée.

Lotte Lehmann affirmait préférer aborder trois fois de suite les trois Brünnhilde de la Tétralogie plutôt que Norma : voilà qui situe la difficulté du rôle. n’est pas de celles qui prennent les risques sans les avoir mesurés. Sa Norma est ainsi d’abord l’histoire d’un apprentissage. Personne n’ignore que le rôle fétiche de Maria Callas plane sur toute interprète désireuse de reprendre le personnage vocal et scénique de la prêtresse gauloise victime de son amour.

En version de concert, LA Gruberová peut déployer toutes les facettes d’une voix retrouvée, insolente de facilité, riche en nuances et fabuleusement musicale. Un rôle préparé de toute évidence avec un soin méticuleux mais qui se libère avec un naturel merveilleux et une intensité tout simplement fascinante.

Entourée d’un Pollione jeune et vigoureux () et surtout l’Adalgisa d’, a donné un récital magistral de beauté sonore et d’intelligence dramatique.

Au pupitre, Monsieur Gruberová () qui a été démoli par la critique comme personne dans sa carrière montre qu’il mérite parfois tous les éloges. Précis et ample avec discernement, il sait créer les climats, préparer les entrées sans couvrir les voix. L’ambiance délirante des «aficionados» de la cantatrice ne connaît pas de limites, cris d’enthousiasme et trente minutes de rappel paraissaient être de rigueur.

Crédit photographique : © DR

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