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Basilique et Légion d’Honneur VI

« Comme la mort, à y regarder de plus près est le vrai but de la vie, je me suis, depuis quelques années, tellement familiarisé avec cette véritable, parfaite, amie de l’homme, que son image m’est très apaisante et consolante ! Je ne me mets jamais au lit sans songer que le lendemain peut-être, si jeune que je sois, je ne serai plus là… », écrit Mozart à son père en 1787. Ce grand voyage énigmatique au fond de l’âme, cette fenêtre ouverte sur la lumière de l’espérance, cette profession de foi troublante, sujette à toutes les légendes, reste l’œuvre d’éternité du génie d’un compositeur dans l’attente de l’ultime rencontre, de son Orient éternel, à lui le franc-maçon. Mozart est dans l’indicible et dans l’invisible jusqu’aux dernières mesures du Lacrymosa où s’exprime toute la tendresse de l’espérance.

Un long moment de silence intense et profond sous la voûte majestueuse de la Basilique de Saint Denis. , ses musiciens et les solistes entrent en communion avec eux-mêmes avant que n’éclatent les premières et bouleversantes mesures de cette œuvre d’éternité.

A la tête du Philharmonique et du , le grand chef coréen, totalement habité par l’œuvre, offre une méditation somptueuse d’intériorité et de foi, jouant sur les couleurs ténébreuses des cors de basset et des bassons du début avant la douloureuse plainte du chœur et la louange de Dieu de l’Introitus magnifiquement exprimée par la soprano suédoise , élève du London’s Royal College of Music et spécialiste du Répertoire sacré, grande habituée du Requiem, des Passions de Bach ou des Oratorios de Haendel.

Aucune théâtralité pour le « Dies Irae » mais une inquiétude physique plus que la peur de la colère divine. Pour le « Tuba Mirum », le dialogue entre le trombone ténor symbolisant la voix de l’Eternel, et la basse soliste de Franz Josef Selig, pour la voix terrestre était de toute beauté. Les quatre solistes entrent un à un avec pudeur et émotion, dans cette implorante et palpitante prière. D’abord le ténor croate Kresimir Spicer puis la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac, ancienne élève du Conservatoire National Supérieur de Lyon, Victoire de la Musique 2003 dans le catégorie « révélation ». Et enfin .

Fureur et force pour le « Rex Tremendae », annonce du jugement dernier. Humilité, miséricorde, pitié pour le « Recordare ». Flammes pour le dramatique « Confutatis ». Enfin, le « Lacrymosa », la berceuse de mort inachevée de Mozart qui nous ramène aux premières notes du Requiem avant le poignant silence final. Le public a été touché par le chœur, les solistes et l’orchestre qui ont su trouver le chemin de l’invisible divin, de l’attente, de l’inquiétude, du doute et de la rédemption consolatrice. Jusqu’à la dernière note l’orchestre, le chœur et les solistes et ont fait vibrer la grande profession de foi mozartzienne avec ne bouleversante et pudique intensité.

Crédit photographique : (c) Radio France, C.Abramowitz

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