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L’art de bien faire : Anima Eterna joue Mozart

Si l’orchestre se fait remarquer par ses interprétations de la musique romantique pour le label Zig Zag Territoires, Mozart reste au centre de ses activités concertantes (lire ici la chronique de Richard Letawe) et discographiques. Déjà auteur d’une quasi intégrale des concertos pour piano (Channel Classic) et d’un disque définitif de quelques grandes sonates pour piano forte et violon du divin Wolfgang (Zig Zag territoires), le chef d’orchestre et pianofortiste , évolue comme un poisson dans l’eau entre chaque note de l’enfant de Salzbourg. Le musicien belge a tout compris à Mozart et il sait phraser, doser les équilibres et gérer la pulsation. Ainsi, la délicate Symphonie N°29, souvent lourde et désarticulée sous la conduite de chefs d’orchestre peu inspirés, n’a jamais paru aussi vive et claire. L’Andante mené avec entrain est un régal permanent, d’autant plus que les bois fruités de la formation font un sort à chaque note. Les mouvements rapides à l’instar de l’allegro con spirito sont conduits à vive allure mais sans précipitation. On est désormais loin de certaines interprétations « baroques » où sécheresse et vitesse semblaient les seuls arguments à faire valoir.

La violoniste germano-japonaise est une compagne de longue date de Van Immersel. Ils jouent ensemble des sonates de Mozart, Beethoven et Schubert quand elle ne tient pas le violon solo d’. Dans le second Concerto pour violon de Mozart, elle fait preuve d’une musicalité sûre et d’une technique assurée, mais elle manque un peu de puissance pour décoiffer cette œuvre hybride au style disparate. Dans le superbe troisième Concerto pour violon, la musicienne, auteure des cadences, apparaît plus à son aise. Dans les deux concertos, l’accompagnement d’Anima Eterna est attentif et soigné et il évite tout ennui. Dans une discographie des concertos pour violon de Mozart encore dominée par d’indémodables classiques (Grumiaux-Davis, Stern-Szell et Kremer-Harnoncourt), l’approche des deux artistes se hisse dans le peloton de tête des interprétations, bien devant toutes les décevantes expériences de relectures baroques. Notons que le livret de présentation et la prise de son sont, comme toujours, chez Zig Zag, des modèles du genre.