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Admirable Nézet-Séguin

Festival de Lanaudière. Divin Mozart – Glorieux Liszt

Première moisson engrangée dans le cadre champêtre de Lanaudière, le concert d’ouverture du 8 juillet dernier fut non seulement excellent en tout point avec un programme plus éclectique que de coutume mais surtout chaudement apprécié par un très grand nombre de mélomanes. Si l’on doit jauger la richesse saccharique de la saison estivale à cette bonne récolte, la vingt-neuvième saison du Festival annonce un excellent millésime. Notons d’emblée que Resmusica offrira à ses lecteurs les comptes-rendus de cinq concerts choisis.

En première partie, sans doute pour souligner le deux cent cinquantième anniversaire du maître de Salzbourg, la Missa solemnis a été idéalement interprétée par l’OMGM et par son chef . Dernière messe écrite par Mozart, si l’œuvre ne «pèche» pas par sa teneur religieuse que l’on rencontre si souvent ailleurs, elle contient nombre de qualités intrinsèques que le compositeur reprendra dans ses opéras à venir. Les chœurs, souvent sollicités, sont d’un raffinement inouï, d’une sensibilité et d’une promptitude exemplaires. La palme en revient au chef Pierre Tourville qui a su leur donner la place privilégiée. Des quatre solistes, malgré la place réduite à la portion congrue, retenons d’abord , voix ample et délicieuse, merveilleuse d’émotion mais aussi secondée par la mezzo-soprano , le ténor et le baryton , tous impliqués dans une œuvre rarement jouée, du moins au Québec.

Le Concerto pour piano no 1, en mi bémol majeur, interprété par le pianiste français a été un moment fort de la soirée. C’est un virtuose de premier plan et on sent les affinités électives avec Liszt. En seconde partie, le Concerto pour piano no 2, en la majeur, avec au piano, peut décevoir quelque peu. La jeune femme techniquement irréprochable manque de musicalité et de sensibilité. Enfin, nouveau sommet avec le Psaume XIII, pour ténor, chœur et orchestre, avec , qui malgré quelques faiblesses, a su nous toucher par la charge émotive dévolue au Roi David, plus qu’un rôle chanté mais une méditation vécue dans un répertoire sacré.

Mais cette nuit étoilée, nous la devons à l’aplomb du chef et à son du Grand Montréal (OMGM). Nous devons cette réussite à l’excellence des six artistes, les pianistes et mais aussi aux chanteurs d’ici, , , Frédéric Antoun et . Le maître d’œuvre de la soirée est sans nul doute , à la tête d’un orchestre d’une clarté éblouissante.

Crédit photographique : © Kathleen Arcand