- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Emmanuel Krivine et le miracle d’Indy

Timpani poursuit sa courageuse exploration du répertoire symphonique français. Après Honegger, Cras, Ropartz, Ohana, Jolivet, Le Flem, Magnard, Xenakis…Le label se lance dans la musique orchestrale de .

Certes, ces pièces enregistrées pour EMI par Pierre Dervaux et Georges Prêtre ne sont pas inconnues, mais devant la suppression de ces disques du catalogue, cet enregistrement est le seul qui permet l’écoute de ces partitions. Au-delà de l’intérêt patrimonial, cet album servi par un orchestre idéal et un chef hautement inspiré s’affirme comme l’un des meilleurs disques de cette première partie d’année.

Figure importante de l’histoire de la musique française et de l’évolution de l’instrumentation, était une personnalité complexe et bien peu sympathique. Fils d’une famille d’aristocrates versant dans l’armée, il a suivi une carrière musicale tout en bravant la pression familiale qui n’acceptait pas qu’il convole en seconde noce avec une jeune femme de trente-six ans sa cadette. D’Indy se présentait aussi comme un ultra conservateur, antisémite et anti-Dreyfusard.

Dédiée au violoniste belge Eugène Ysaÿe, Istar (1897) est la partition la plus connue de son auteur. Elle se présente comme une série de variations symphoniques d’après l’histoire d’une déesse assyrienne qui veut faire revivre son amant. Cette musique brillante et inspirée, particulièrement narrative, sera chorégraphiée avec grand succès.

Le vaste Poème des rivages tout comme le Diptyque méditerranéen, sont caractéristiques de la dernière période créatrice du compositeur. D’Indy, découvre alors, sous l’influence de sa jeune femme, les lumières de la Méditerranée. Composé entre 1919 et 1920, le Poème des rivages peint en quatre parties différents lieux méditerranéens. La variété des climats, la science de l’orchestration et l’inspiration évocatrice font de cette œuvre, l’un des chefs d’œuvres de la musique symphonique française. Dernière pièce symphonique de son auteur, le Diptyque méditerranéen est un sublime paysage orchestral à l’instrumentation luxuriante.

Depuis quelques années, les progrès de l’ sont stupéfiants. Son homogénéité, sa qualité d’écoute mutuelle et la virtuosité de ses solistes servent idéalement cette musique qui ne saurait se contenter de médiocrité. Grand défenseur de la musique française, sait conjuguer la précision avec l’élan. L’entente de cet orchestre et de son nouveau directeur musical est parfaite. On espère avec impatience d’autres albums de ce niveau consacrés aux chemins de traverse de la musique. En dépit d’une légère brume, la prise de son sert bien ces partitions alors que le livret de présentation s’avère exhaustif.

(Visited 561 times, 1 visits today)