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Fleming, Villazon, Bruson… Tout un programme !

Opening night hollywoodienne (mais après tout, nous y sommes) de la saison 2006-2007 du Los Angeles Opera. Paillettes, fanfreluches, people (vous êtes assis devant , près de Michael Eisner, PDG de Disney), froufrous, (faux) visons… musiques enfin !

nous ressert, comme l’on ressert une vieille soupe hâtivement mal réchauffée, dans les anciens décors et costumes d’un milieu bourgeois XIXe, légèrement surannés, agréables à l’œil mais bien élémentaires, une mise en scène élégante, qui se lit sans arrière-pensées, spécialement conçue (et si peu corrigée) pour le futur DVD, car ce soir… on filme. Bien sûr… Nous sommes à quelques miles de Paramount et de Universal.

Super-plateau des grands soirs, formulé lui aussi pour ce fameux DVD à venir : Attentive au «théâtral», construit son personnage avec minutie, diligence et sérieux. On la dit distante et réservée. Pas ce soir. Bâtie à chaux et à sable, sa Violetta, d’abord volage, puis réfléchie, puis grave, puis dramatique, convainc. A la puissance dix. Fleming, qui, enfin, joue la comédie, se permet même, sûre d’elle, de jazzifier – on pardonnera ce grossier néologisme – certains passages de son «Sempre libera» (pour indiquer qu’elle a trop consommé ?… Disons-le net, ce n’est ni vulgaire, ni déplacé… et cela produit son effet). La voix a conservé toute son urgence (acte 3), tout son poids (acte 2), toute son agilité (acte 1). Un legato expressif, des pianissimi véritablement envoûtants, un timbre lumineux feront le reste. Rolando Villazon joue, lui, ce soir, à fond, ce latin lover qu’il est. Elans, enthousiasmes, emportements, fougues et passions, tout y est. Certains baisers, que Madame Fleming semble d’ailleurs apprécier (heureusement pour elle car elle en sera abondamment assaillie), ne seront pas sans rappeler alors ceux, bouillants et frénétiques, de Clark Gable et Vivian Leigh. Mais vocalement, Villazon ne joue pas le jeu. Dommage. La voix souple, admirablement timbrée, fraîche et lumineuse, jeune et si amoureuse, crée l’émotion. Par moments.

Pour les caméras (un «De’miei bollenti spiriti», par exemple, anthologique). Le reste du temps, c’est tout simplement du 40% de ce que notre ténor aurait pu et dû donner. , malgré une certaine usure de la voix et quelques petites asymétries rythmiques, demeure un excellent Germont, solidement aguerri, robuste et stylé. (Flora), Anna Alkhimova (Annina), Lee Poulis (Marquis d’Obigny), les chœurs, sont tous redoutablement efficaces. L’orchestre a l’élégance aisée, le ton juvénile, le style élégant, naturel de son nouveau (grand) chef, , qui de bout en bout, aura su galvaniser pupitres et gosiers

Crédit photographique : © Robert Millard

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