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Un Ballo in Maschera à SF, inutile de s’acharner…

On a beaucoup hésité avant d’écrire cette chronique… On hésite toujours… Tout simplement parce qu’il est sans doute totalement inutile de s’acharner sur un spectacle dramatiquement nul, vocalement désastreux. Mais tous ces troisièmes couteaux, en participant pleinement de ce Ballo, ont assumé leurs responsabilités. Alors, assumons les nôtres.

Légèrement modifiés, mais si peu, les décors et les costumes, vus ici même en 82, 85, 90 et 99, ont pris poussière et, mornes et mats, surprennent, miséreux. La mise en scène, qui devrait, elle, regorger de surprises, d’atmosphères, inexistante (inutile donc d’accumuler les adjectifs !) déroute (on pourrait mentionner son statisme, son opacité).

Le Gustavus III (nous sommes à Stockholm, lieu d’origine de l’action) de déçoit. Fortement. La voix, jeune, saine, bien émise mais courte et maigrelette, est inaudible (son «La rivedrà nell’estasi» passe inaperçu), le personnage, inconsistant. Le baryton rustre et grisâtre d’ qui s’effondre dès son «Alla vita che t’arride» (l’écouter est à soi seul une véritable épreuve) laisse indifférent, comme laisse indifférent son Anckarström, si peu cerné. Un bon point pour l’Oscar d’, sobre, animé, élégant, exquis (mais que de libertés avec la justesse !). Seule, Tichina Vaughn s’acharne à caractériser un personnage, et c’est tant mieux… Mais son Arvidson, mal formulée (au timbre ingrat, alambiqué) n’effraie personne. L’aigu clair mais fluet et si peu aéré d’Erin Wood (qui remplace , souffrante) sonne creux et mou, plafonne et déconcerte. On entraperçoit, ici et là, une élégance, un style, un chant sincère… c’est trop peu. Et aurait-on imaginé de la part d’un réputé pour son dynamisme direction si plate, si peu vivante ?

Et on ne voudrait pas terminer ce court article (mais encore une fois pourquoi s’acharner ?) sans mentionner les deux étonnants Ballo de ce War Memorial Opera House qui nous résonnent encore aux oreilles, celui de 77 (Ricciarelli, Payne, Battle, Carreras, Mazurok) et celui de 82 (Caballé, Baldani, Battle, Pavarotti, Elvira), sans rappeler le Renato d’ de 90.

Crédit photographique : © Terence McCarthy

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