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Norma, étonnante Dimitra Theodossiou !

Quelle excellente surprise que cette Norma dont on n’attendait pas grand chose au départ !

Ça ne commence pas très bien, pourtant. Si les décors sont plutôt jolis, Les costumes sont laids, sans être franchement hideux, le look des perruques est branché « cheveux gras » et les gros godillots que portent tous les protagonistes n’arrangent pas les choses. Le costumier s’est de plus acharné sur cette pauvre , l’affublant d’une perruque rousse ébouriffée et lui infligeant une espèce de robe de chambre angora de grand-mère au deuxième acte. Ajoutons à cela un maquillage outrancier, et on obtient une idée générale plutôt exacte de l’aspect visuel. Quant à la direction d’acteur, elle n’apporte pas grand chose. Norma étant, de toutes façons, un opéra assez statique, chacun se débrouille avec son expérience de la scène pour les déplacements, le réalisateur s’est tiré de ce mauvais pas en incrustant différents plans les uns dans les autres, et finalement, tout ça fonctionne plutôt bien.

Déjà déprimé par les images, on se rencogne dans son fauteuil, préparée à deux heures et quelques de platitude, quand, petit à petit, on sort de sa torpeur. C’est que est vraiment une excellente Norma ! La voix est souple, facile, les aigus sont bien amenés, les piani, nombreux, d’une grande beauté. De plus, la fatigue n’a pas l’air d’avoir prise sur elle, et elle mène à bon port ce rôle aussi long que difficile sans aucun signe de faiblesse. Chapeau.

Mais l’opéra romantique ne peut se réduire à une seule chanteuse, même si c’est un travers largement galvaudé. Nouvelle surprise, en Pollione et Nidia Palacios en Adalgisa sont parfaitement en situation, artistes intègres qui, s’ils n’ont pas les moyens de ou de Marilyn Horne, connaissent parfaitement le sens des mots « nuances » et « coloration », et c’est déjà beaucoup. Le duo Norma/Adalgisa de l’acte I est ainsi véritablement émouvant. On ne dira pas autant de bien de en Oroveso, qui ravale son personnage au rang de comparse.

L’orchestre du Teatro Massimo de Catane, sous la direction de , connaît son Bellini sur le bout des doigts, pouvait-il en être autrement pour l’enfant du pays ?

In cauda venenum, on n’est pas tout à fait sûre d’avoir entendu la même chose que les spectateurs présents dans la salle, car à plusieurs reprises, les gros plans ont montré que le mouvement des lèvres ne correspondait pas au son que l’on entendait. Méchanceté gratuite, et qui ne diminue en rien notre plaisir. Ce DVD est une nouvelle preuve qu’une bonne distribution est bien plus importante que n’importe quelle mise en scène, relecture ou pas, actualisation ou non. Avis à…