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Lang Lang célèbre la « diplomatie »

Les modulations d’un chinois en Belgique

Ambiance très officielle et affluence massive d’un fort contingent chinois au Palais des Beaux-arts de Bruxelles pour ce concert qui célébrait les trente-cinq ans des relations diplomatiques entre la Belgique et la Chine. Pas de mauvaises surprises quant à l’évocation, déjà bien timide, des autorités belges vis-à-vis du respect des droits fondamentaux en Chine, c’était l’ambassade de Chine à Bruxelles qui invitait !

Les petits plats étaient mis dans les grands puisque le concert proposait rien moins que la star montante du piano, le jeune . Né en 1982, le musicien est déjà une immense star dans son pays et même sur d’autres continents. C’est l’un des rares à remplir sur son seul nom le Grosses Festspielhaus de Salzbourg ! Malheureusement ou heureusement à un tel âge, le talent du jeune homme reste encore à dompter. Entendu cet été à Salzbourg dans un Concerto n°17 de Mozart sous la direction de Pierre Boulez, exaspérait à coup de minauderies et maniérismes du pire des goûts. C’était donc avec curiosité mais appréhension que l’on se rendait à cet évènement.

Fort heureusement, Lang Lang était dans un très grand soir. Sa technique, sa vélocité, sa compréhension des musiques qu’il joue reste phénoménales. Si certains mouvements lents manquent encore d’abandon, son inspiration dans les mouvements rapides laisse le commentateur béat d’admiration. À ce titre, l’Allegro maestoso et l’Allegretto de la sonate de Mozart sonnaient de manière inouïe. Le pianiste ose des accélérations, des phrasés, des transitions incroyables de virtuosité mais surtout de musicalité. En conclusion de ce programme classique, le jeune homme fit soulever d’enthousiasme la salle avec une interprétation ébouriffante de la Rhapsodie n°2 de .

Chine oblige, le concert réservait une partie de son programme à différentes pièces traditionnelles chinoises présentées en anglais par un Lang Lang détendu et jovial. Certes, les puristes hurleront à la trahison car il s’agit d’adaptations qui mêlent instruments pluri-centenaires et piano moderne, mais le résultat est assez captivant et il mettait en valeur la qualité et la musicalité des solistes chinois particulièrement celle de la belle Wei Ji au Guzheng.

Ce concert original et excellent a charmé le public du Palais des Beaux-Arts remercié par deux bis.

Crédit photographique : © Deutsche Grammophon