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Fête des belles voix à l’Opéra de Cologne

Fête des belles voix – c’est le titre du gala annuel de l’association des Amis de l’Opéra de Cologne. Le principe est toujours le même. Une star internationale est invitée à se présenter aux côtés d’un ou de plusieurs membres de la troupe de l’Opéra de Cologne. En outre, les «Amis» discernent la «médaille Offenbach» pour saluer l’évolution personnelle et artistique d’un jeune chanteur au sein de cette troupe. Cette année pourtant, le gala était spécial. Non seulement on avait invité deux vedettes au lieu d’une, mais il y avait également deux distinctions. a reçu la médaille Offenbach et – une première absolue dans l’histoire de l’Opéra de Cologne – a été nommée «Kammersängerin» par le maire de la ville de Cologne.

La fête n’était pas que politique et mondaine, mais aussi musicale. Sous la direction à la fois énergique et sensible du jeune chef , le Gürzenich-Orchester Köln s’est montré à la hauteur de sa réputation. Quelle souplesse dans les cordes et quel brillant dans les vents ! Ausrine Stundyte a présenté deux airs de Puccini : la prière de Tosca et «Si, mi chiamano Mimì» de La Bohème. Dans cette musique, sa voix ample et expressive s’est montrée plus à l’aise que dans les emplois mozartiens qu’elle remplit bien souvent à Cologne. a enthousiasmé le public dans un répertoire très vaste allant de la Fiancée vendue à Otello et de Fidelio à Tannhäuser et Lohengrin. Sa voix juvénile et rayonnante, son phrasé élégant et nuancé ainsi que l’attention qu’elle porte au texte font penser à Claire Watson ou Elisabeth Grümmer. Et enfin . Evidemment, après plus de 30 ans de carrière, la voix s’est un peu durcie, et le registre de poitrine manque de rondeur. Le médium, en revanche, a gardé sa puissance et sa flexibilité, l’aigu est d’une arrogance impressionnante. Mais surtout : quelle personnalité ! Lorsqu’elle monte sur le podium, elle communique une énergie vibrante, aidé un cela par une diction et un jeu de couleurs exemplaires. Après Azucena (Il Trovatore), «Schmerzen» (Wagner) et Fricka (Die Walküre), elle galvanise la salle dans le rôle d’Ortrud : un portrait d’une intensité extraordinaire, aussi convaincant dans la furieuse invocation des dieux que dans les moments les plus hypocrites du dialogue avec Elsa. Avec deux chanteuses de ce niveau, on n’a plus besoin de décors ni de metteur en scène !

Après ce moment magique, la soirée s’est terminée dans la joie avec «Zueignung» de Richard Strauss, chanté par Doris Soffel, et une version assez inhabituelle de la chanson de la Vilja (La Veuve joyeuse), interprétée par les trois chanteuses. Standing ovations.

Credit photographique : © Opernhaus de Cologne, 2007