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Voyage musical dans l’Allemagne de Jean-Sébastien Bach

Festival de la Tarentaise Les Arcs 2007

La réussite de certains concerts doit beaucoup à leur cadre. Les 160 angelots du retable baroque de Jacques Clérant, dont les ors ont accroché les yeux d’un public lassé par l’incertitude du temps, s’accordent parfaitement aux œuvres de Buxtehude, Bach et Telemann. Le faste de l’église Saint-Sigismond a pallié son acoustique trop réverbérante : incommodé par une angine lors de son passage au Festival des Arcs, le contre-ténor n’a pu remplir la totalité de l’espace sonore.

En revanche, le clavecin, surtout lorsqu’il est joué à quatre mains, comme ce fut le cas pour l’introduction du concert (Aurélien Delage s’est joint à pour une transcription d’une œuvre de Haendel, qui remplaçait l’air Kreuz und Krone de la cantate « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » de Bach), a dévoilé une puissance insoupçonnée. C’est ainsi que la Sonate pour clavecin de Buxtehude, embryon des œuvres de Jean-Sébastien Bach, bénéficiait d’une excellente projection.

Essentiellement « récitaliste », est un « continuiste » discret, à l’image de la théorbiste Claire Antonini, qui d’un bout à l’autre du concert est restée imperturbablement stoïque. Dès lors – virtuose dans la Sonate n°2 pour viole de gambe et clavecin de Jean-Sébastien Bach – tout comme , n’ont-ils eu qu’à jouer librement. Aucune surenchère dans le déploiement mélodique, aucune emphase dans l’assise du rythme, mais plutôt une légèreté séraphique – accentuée par la « diminution » vocale du contre-ténor – qui permettait de saisir chaque inflexion de la cantate « Jubilate dimino » de Buxtehude, ou de la somptueuse cantate « Stille die Tränen des winselnden Armen » de Telemann.

Néanmoins, l’équilibre de cette formation de chambre a été compromise par la trop grande discrétion du traverso – instrument qui le dispute en pureté aux chérubins – parfois couvert par la viole de gambe ; aussi ne pouvions-nous pas profiter pleinement de la Sonate en sol majeur pour traverso, viole de gambe et basse continue de Bach. Il n’est pas question ici d’incriminer Hélène d’Yvoire, le manque de projection étant imputable à l’instrument lui-même.

La notice du programme et la traduction des arias ont été rédigées par Robert Expert ; le discours liminaire du festival de Tarentaise, loin des harangues habituelles, avait une vocation didactique, qui consistait en la présentation de l’église. Ils confirmaient l’érudition bien connue des baroqueux, qu’ils soient musicologues, praticiens ou amateurs.

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