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Les Arènes de Vérone…à domicile !

Représenté pour la première fois le 9 mars 1842 à La Scala, le triomphal Nabucco (titre que finalement Verdi préfèrera à Nabuchodonosor) marque le début de la fulgurante carrière du compositeur, qui eut la chance de connaître de son vivant le succès et la gloire.

Devenu extrêmement populaire par son Chœur des Hébreux, cette œuvre révèle des trésors de composition dont le public semble ne pas devoir se lasser. Par son ampleur, et sa nature même, cette œuvre grandiose nécessite d’énormes moyens et ne supporte pas la médiocrité, que ce soit au niveau des interprètes ou tout simplement des décors et des costumes.

Bien que moderne, la mise en scène de représente un réel exploit puisqu’il s’agit d’une simple structure métallique, qui laisse toujours entrevoir les légendaires gradins. Point de fioritures inutiles ni extravagantes comme nous en voyons quelquefois, nous sommes heureusement loin du « kitsch » de nombreuses productions à grand spectacle. Les arènes de Vérone constituent probablement le plus magnifique écrin dont pouvait rêver le compositeur, la beauté imposante des vieilles pierres de cet amphithéâtre romain aux dimensions démesurées, et surtout son acoustique exceptionnelle rendent la représentation encore plus émouvante et spectaculaire.

Quant aux chanteurs, ils ont une forte personnalité, à commencer par le baryton italien , qui possède une excellente technique vocale. Le timbre et la puissance de sa voix occupent une part centrale dans le spectacle. L’artiste sait utiliser de nombreux registres pour rendre aussi percutante que possible l’arrogance du personnage qu’il incarne.

Très crédible dans son rôle, (Abigaille) a une présence soutenue, et (Zaccaria) ne manque pas de voix non plus. Avec la présence de Fabio Sartori (Ismaele) qui confirme son jeu très étudié, et celle de Patrizia Cigna (Anna), nous avons un casting imposant, même si quelques passages difficiles peuvent parfois manquer de fluidité. La réunion de tous ces grands artistes charismatiques sur le plateau est captivante, plutôt assez homogène, et dans tous les cas toujours mise en valeur par l’orchestre qui ne laisse pas percevoir les pièges de la partition. La direction d’orchestre de est énergique, car un tel spectacle doit être éclatant. Les chœurs et les musiciens contribuent à rendre l’ensemble toujours cohérent, et ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile chez Verdi. Le fameux chœur « Va pensiero » tient ses promesses et nous procure les instants d’émotion tant attendus.

Pour terminer, on remarquera avec plaisir que cette nouvelle production a été aussi ambitieuse dans l’édition DVD qu’elle l’a été sur scène (nous pardonnons à l’éditeur de ne pas avoir sous-titré le making-of) : son en DTS 5. 1, image en haute définition, réalisation très soignée… Hormis l’ambiance et la présence du public (20 000 spectateurs), tout a manifestement été fait pour nous persuader que le déplacement à Vérone est désormais inutile.

Que ce soit pour aborder confortablement cette œuvre magistrale, ou pour satisfaire des oreilles averties, ce DVD mérite de figurer parmi des versions « reconnues ».