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Une musique charmante, et puis quoi

En 1900, âgé de 37 ans, se prête à des formes plus ambitieuses. Du moins, son opus 36, la Sonate pour violon et piano, publiée en 1900, semble tenir d’une austérité nouvelle pour trouver une assise formelle dans un style élaboré, pas trop centré sur ses saveurs. Car la musique de Pierné est charmante. Et si le besoin se fait sentir d’y relever des pages plus ambitieuses que d’autres, c’est bien parce que le charme risque parfois de tourner en rond. Mais ceux qui, comme nous, ont découvert le second volume avant le premier, pourront toujours s’en réjouir : et les Solistes de l’ ne font pas l’intégrale de la musique de chambre de Pierné dans l’ordre chronologique, le charme d’un hypothétique métier progressant dans le temps ne risque donc pas d’être rompu.

Alors que nous trouvons, dans le volume 2, un CD 3 consacré aux œuvres pour violoncelle et piano et un CD 4 où sont réunies essentiellement des pièces avec vents, ici les CD 1 et 2 font la part entre les partitions pour violon et piano et les pages de Pierné pour les instruments à vent. Le Prélude de la Sonata da camera est édifiant par l’accomplissement de couleurs très élaborées. À côté, d’autres œuvres semblent tenues par des formes peut-être moins fascinantes parce qu’un peu plus résolues. Aussi, des pages certes aussi géométriques que Preludio e fughetta sont sidérantes, paradoxalement sûres et mystérieuses. Opus après opus, suivant un chapitrage alangui, les interprètes jouent le jeu, en adoptant tantôt des humeurs certes poseuses, tantôt des caractères heureusement typés. Mais si les saveurs sonnent quelquefois un peu « mijotées », le soin des musiciens est d’autant plus irréprochable que la partition vient assez rarement les tirer au-delà d’une posture concentrée sans retour.

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