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Don Pasquale au Grand-Théâtre de Genève

Ce très beau DVD est le reflet du spectacle genevois chroniqué sur le site de ResMusica en juin dernier et nous partageons tout à fait l’enthousiasme de notre collègue, notamment pour les superbes décors de Francis O’Connor. Située au début du XXe siècle, l’action se déroule, au premier acte, dans un élégant café Art Nouveau, puis, au deuxième, dans la superbe demeure, de style Empire, de Don Pasquale. Le début du troisième acte montre comment l’insupportable « Sofronia », présentée au premier sous les traits d’une artiste « émancipée », aura transformé l’intérieur néo-classique du vieux barbon en un magnifique espace aux couleurs et à la plastique toutes « mondrianesques ». Les costumes sont, du début à la fin du spectacle, un régal pour l’œil. Malheureusement, la mise en scène, très fouillée, de Daniel Slater se perd quelque peu dans les grands espaces de la scène du Grand-Théâtre, et la caméra de Don Kent n’arrange pas forcément les choses. Une intrigue comme celle de Don Pasquale, issue des traditions de la commedia dell’arte, s’accommode sans doute assez mal des importants mouvements de foule et des scènes de figuration privilégiés par la mise en scène. Certains de ces mouvements se perdent un peu dans la captation vidéo.

Le plateau est très nettement dominé par le Don Pasquale de Simone Alaimo, septuagénaire (dans l’ouvrage…) encore bien vert – et très bien chantant –, et surtout par l’exceptionnelle Norina de . Dotée d’une voix ronde, fruitée et richement timbrée, quoique assez peu puissante, cette chanteuse excelle autant dans la comédie que dans l’art de sculpter ses phrases musicales ; preuve que pour être une remarquable Norina, il ne gâche rien d’avoir les moyens d’une exceptionnelle Lucia. Belle prestation également du baryton Marzio Giossi, impayable dans son rôle de médecin conseiller psychanalyste. En revanche, l’Ernesto de Norman Shankle est un peu balourd sur le plan scénique, et si la voix est assez jolie, le chant manque souvent de subtilité.

mène ses troupes tambour battant, tout en ménageant quand il le faut les aspects suaves et émouvants de la partition. Le chœur du Grand-Théâtre, particulièrement sollicité par la mise en scène, fait lui aussi preuve d’abattage et d’efficacité. En somme, il s’agit d’un DVD tout à fait recommandable, qui proposera un regard d’esthète sur la ravissante comédie de Donizetti.