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1984, roman futuriste, opéra passéiste

Opéra à grand spectacle, 1984 d’après George Orwell de est avant tout l’œuvre d’un chef d’orchestre.

La partition est très riche, opulente. L’orchestration est somptueuse et brillante. L’écriture vocale toujours très respectueuse de l’instrument. Le tout ressemble à Stravinsky mélangé avec Britten, Berg, Mahler, Puccini et Ravel. Le répertoire de donc en tant que chef d’orchestre.

Or il officie ici en tant que compositeur, une sorte de retour aux premières amours de sa longue carrière. Autant dire que le style de Maazel compositeur n’a rien de personnel. Le génial directeur d’orchestre n’est pas un créateur de génie. Sa musique ressemble trop à celle de ses illustres prédécesseurs, défaut prévisible de la part d’un jeune compositeur de 75 ans. Mais 1984 est la musique d’un praticien hors pair, d’un technicien parfait de l’orchestre, qui connait toutes les ficelles du métier.

Le spectacle est redoutablement efficace. Très bien écrite pour les voix, la partition, bien que très commune et prévisible, porte un certain souffle épique rehaussé par la mise en scène impressionnante de . L’argument est bien sur simplifié et réduit pour n’en garder que l’essentiel. Les incarnations des personnages sont crédibles, quasiment taillés sur mesure pour chaque chanteur. Le plateau est exceptionnel, mais Lawrence Brownlee bien que doté d’un rôle secondaire emporte l’adhésion dans son unique air. et Nancy Gustafson forment un couple touchant de révoltés. Le paragraphe du travail à la chaîne de la réécriture de l’histoire en « novlangue » est très bien rendu. Chaque scène est séparée par l’image et la voix de Big Brother, tenue par Jeremy Irons, scandant ses slogans démagogues à sa propre gloire. Tout était réuni pour faire une création marquante, sauf la partition…

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