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ONF-Masur : Intégrale Beethoven III et IV, les choses sérieuses commencent

Suite de l’intégrale Beethoven en cours, avec les concerts III et IV consacrés, comme il se doit, aux œuvres portant les « n°3 » et « n°4 ». Si on pouvait, à la rigueur, considérer les deux premiers concerts comme des entrées en matière beethovénienne, cette fois-ci les choses sérieuses commençaient vraiment, chef et orchestre étaient à l’épreuve du feu, les qualités et limites de leur interprétation se dessinaient plus clairement, avec une réussite fort contrastée, entre pair et impair. Car, même si cette fameuse dichotomie ne s’applique, en principe, qu’aux symphonies, justifiant que certains interprètes se montrent plus à l’aise ici que là, elle était parfaitement adaptée à ces deux concerts, le IV l’ayant nettement emporté sur le III, surtout dans les parties purement symphoniques.

Commençons par les deux ouvertures, Leonore III et Leonore IV alias Fidelio. Sans surprise, nous avons retrouvé dans Leonore III le style déjà remarqué lors de l’exécution de Leonore II. Le caractère assez littéral de l’interprétation de nous a semblé un peu plus évident, avec une certaine difficulté à créer, dès la première partie et son premier accord assez inexpressif, un climat dramatique intense. Ainsi suspens, respiration, attente et résolution, tension et libération, nous semblaient quelque peu oubliés, au profit d’une avancée métronomique régulière mais un peu plate. La musique s’écoulait sans heurt, mais sans « histoire » alors que cette longue ouverture est pourtant emplie d’événements. Le lendemain, dans la plus condensée ouverture de Fidelio, chef et orchestre trouvaient immédiatement un ton plus affirmé, une couleur orchestrale bien plus dense et homogène, une conduite du discours plus nette, une dynamique parfaitement beethovénienne, faisant de cette ouverture une incontestable réussite, là où les Leonore nous avaient laissés sur notre faim.

Suivant le principe d’un interprète différent par soirée, le viennois et le québécois se sont partagé, dans l’ordre, les concertos n°3 et 4. Le premier soir, comme pour Leonore III qui l’a précédé, nous avons eu le sentiment que Masur n’avait pas réussi à instaurer le climat dramatique et sonore idéal dès l’introduction du concerto, et avait attendu l’entrée dans le développement du premier mouvement où nous avons senti que d’un seul coup, tout allait mieux et s’écoulait avec plus de naturel. Alors que le Concerto n°4 bénéficiait d’emblée de l’intensité et de la qualité orchestrale trouvée pour Fidelio. De leur côté les deux pianistes nous offraient deux approches différentes, plus directe et classique de la part de , plus personnelle, nuancée et subtile chez , peut-être même un peu trop, certaines notes nous ayant donné l’impression de s’évaporer ici ou là, alors que l’accompagnement orchestral avait retrouvé toute sa puissance virile.

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