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Carte postale symphonique

Alors que l’Orchestre National de Lyon commence, assez mal, une intégrale Debussy, la philharmonie de Nice et son chef proposent un disque évident par son programme, mais rare. Pour cette généreuse galette, le chef offre ainsi différentes partitions «à programme» de musique française qui n’avaient jamais été réunies dans un même album.

En bon ex-assistant de John Eliot Gardiner, se souvient que son maître avait enregistré, avec la phalange voisine de Monte Carlo, une belle anthologie de l’œuvre orchestrale de (Erato). Les Scènes Alsaciennes, en quatre parties, s’avèrent une partition orchestrée avec entrain qui mêle évocation des paysages et nationalisme musical : nous sommes en 1873 et la province de l’Est est alors occupée par les Allemands. Descente vers le sud ensuite avec les très belles Impressions d’Italie de , un élève de Massenet. La peinture de la nature se fait plus fine et plus suggestive que chez Massenet. Certains passages comme «Sur les cimes» sont fignolés avec grand talent. Traversée maritime pour conclure avec la Suite Algérienne de . Profitant de ses séjours médicaux dans ce qui était alors un département français, le vénérable auteur du Carnaval des Animaux en a profité pour mettre, sur papier à musique, ses évocations du pays. La partition, orchestrée avec plus d’efficacité que d’inspiration témoigne amplement de l’état d’esprit de l’époque car elle se clôt par une «Marche coloniale» en hommage à «l’œuvre civilisatrice», et surtout impérialiste de la métropole.

Tout au long de ce programme, l’, fait preuve de cohésion en dépit d’un certain manque de charisme des solistes des vents. Qu’à cela ne tienne, Marco Guidarini sait tenir sa formation et il décrit, avec compétence, ses différents paysages orchestraux. Au final, cet album est un très beau disque qui apporte un indéniable plus à la musique française car les autres versions concurrentes sont supprimées depuis longtemps.